Faits divers – Justice

Mutinerie à la prison de Valence : le meneur présumé est l'évadé à l'explosif de Moulins en 2009

Par Florence Beaudet, France Bleu Drôme-Ardèche et France Bleu lundi 26 septembre 2016 à 11:07 Mis à jour le lundi 26 septembre 2016 à 15:04

L'intérieur de l'un des bâtiments "maison centrale" de la prison de Valence
L'intérieur de l'un des bâtiments "maison centrale" de la prison de Valence © Radio France - Florence Beaudet

Le détenu qui a agressé un surveillant dimanche soir au centre pénitentiaire de Valence est un homme considéré comme dangereux. Omar Top El Hadj est l'un des évadés de la centrale de Moulins en 2009. Il a été transféré durant la nuit dans un autre établissement carcéral.

C'est un prisonnier connu dans le milieu carcéral qui est à l'origine des troubles hier soir dans le bâtiment "maison centrale" de la prison de Valence. Omar Top El Hadj, 37 ans, est un braqueur condamné en 2002 à dix ans de réclusion pour avoir tiré sur des policiers à la kalachnikov en Seine-Saint-Denis.

Braqueur, évadé et auteur d'un livre

En 2009, il s'évade avec un autre détenu de la centrale de Moulins. Il utilise des explosifs pour faire sauter deux portes blindées et il prend en otage deux surveillants qu'il libèrera dans la soirée. En 2015, il est condamné en appel pour cette évasion à dix-huit ans de réclusion. De sa vie derrière les barreaux, il a fait un livre "condamné à vivre" pour dénoncer les conditions d'incarcération en France.

Il avait escaladé le mur de la cour de promenade début septembre

Est-ce pour dénoncer ses conditions de détention qu'Omar Top El Hadj a perpétré cette agression dimanche soir ? Le 2 septembre dernier, il a escaladé un des murs de la cour de promenade avec une corde fabriquée artisanalement. Selon les surveillants, il s'agissait pour lui de tester le protocole prévu en cas de tentative d'évasion. Lui affirme qu'il voulait dégrader le brouilleur de téléphone pour pouvoir joindre sa compagne actuelle car elle n'avait plus accès au parloir depuis cinq semaines.
Ce serait un nouvel incident qui aurait provoqué son coup de sang. Selon sa compagne que nous avons eu au téléphone, elle s'était vu refuser l'accès au parloir ce dimanche, ce qui aurait mis le détenu très en colère.

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Les trois agitateurs transférés durant la nuit

Omar Top El Hadj et les deux détenus qui l'ont aidé à ouvrir les cellules de l'étage et à mettre le feu à des matelas ont tous les trois été transférés sur des établissements pénitentiaires de la région.
Les dégâts seraient importants. A ce stade, l'administration pénitentiaire n'apporte pas de précisions. Selon les syndicats, le bureau du surveillant d'étage est en partie brûlé et du gros matériel a été jeté depuis les coursives (réfrigérateurs, machines à laver).
L'agent frappé dimanche soir souffre de blessures au visage et au torse mais il est ressorti de l'hôpital dès dimanche soir. Lui et deux de ses collègues ont porté plainte. Un rassemblement est organisé par les syndicats jeudi matin devant le centre pénitentiaire.

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