Faits divers – Justice

Affaire de la gifle à Nancy : deux ans après, trois adolescentes condamnées à un suivi éducatif

Par Isabelle Baudriller et Nathalie Broutin, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu mercredi 5 octobre 2016 à 18:26

Les internautes ont été des milliers à prendre la défense de la victime
Les internautes ont été des milliers à prendre la défense de la victime © Maxppp - Maxppp

La vidéo de l'agression filmée au Parc de la Pépinière à Nancy, envoyée sur les réseaux sociaux, a provoqué un véritable émoi en 2014. La mobilisation d'internautes en soutien à la victime s'est transformée en chasse à l'agresseur. Ce mercredi, le tribunal pour enfants a condamné trois adolescentes.

Deux ans après les faits, le tribunal pour enfants de Nancy a condamné ce mercredi 5 octobre, une adolescente à deux ans de suivi éducatif, pour avoir giflé une jeune femme vulnérable dans un parc de Nancy, le Parc de la Pépinière. Alicia , 17 ans aujourd'hui , était jugée aux côtés de deux camarades qui ont filmé la scène. Ces deux jeunes femmes sont elles, condamnées à un an de suivi éducatif. La vidéo a été diffusée sur internet par une mère de famille.

Pour un regard de travers

"L'affaire de la gifle" comme on l'a appelée a provoqué de nombreuses réactions d'internautes en septembre 2014. Sur une vidéo de près de 3 minutes, on assistait à une véritable expédition punitive dans le parc de la Pépinière à Nancy. Plusieurs adolescentes abordent une jeune fille , qu'elles accusent d'un "regard de travers". La victime est bousculée, insultée, giflée. Laura , aujourd'hui âgée de 20 ans, fragile, apparait apeurée. La vidéo est très vite partagée, et des internautes prennent partie pour la victime "agressée injustement". Des internautes justiciers mettent en place une véritable chasse à l'agresseur. Identifiant l'agresseuse présumée, certains insultent à leur tour et menacent une jeune femme. Un appel au calme est lancé. Les policiers interpellent quatre jeunes femmes dont une majeure.

Nécessité d'un travail éducatif

Pour l'avocat de la victime, joint à l'issue de l'audience, Grégoire Niango, "il était important pour sa cliente, Laura, victime de l'agression qu'elle soit reconnue dans son statut de victime" . Elle a eu peur dans une premier temps d'assister aux débats, mais est restée "jusqu'au bout finalement" et a été "très touchée par les excuses des prévenues notamment de la principale protagoniste". Pour le défenseur, face à des mineurs " il faut assurer ici assurer un travail de fond, éducatif". " Le plus dur" ajoute Grégoire Niango, "c'est que la vidéo est toujours facilement accessible, mais le temps fait son oeuvre sur Laura" selon lui.

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