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Faits divers – Justice

Nantaise partie en Syrie pour rejoindre Daesh : des doutes sur sa sincèrité

jeudi 2 novembre 2017 à 19:24 Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan

Nos confrères de France 2 ont rencontré une Nantaise partie en 2013 en Syrie pour rejoindre le groupe Etat islamique avec sa petite fille. Aujourd'hui maman de trois enfants, elle dit vouloir qu'ils soient rapatriés en France. Elle risque la peine de mort là-bas.

Margaux est partie en Syrie dès 2013. Elle est aujourd'hui retenue par les forces kurdes
Margaux est partie en Syrie dès 2013. Elle est aujourd'hui retenue par les forces kurdes - Capture d'écran France 2

Nantes, France

C'est une parole extrêmement rare qu'ont recueillie nos confrères de France 2. Celle d'une Nantaise partie très tôt en Syrie, dès 2013, pour rejoindre le groupe Etat islamique avec sa petite fille. Margaux est aujourd'hui détenue par les forces kurdes dans le nord-est du pays. Elle a été arrêtée le 10 octobre, juste avant la libération de la ville de Raqqa. Elle dit être prête à assumer ses actes, à purger la peine de prison à laquelle le tribunal de Nantes l'a condamnée et elle demande à ce que ses enfants soient rapatriés en France.

Si je pouvais revenir en arrière, je ne referai jamais les même erreurs

Ses enfants parce qu'en Syrie, la jeune femme a donné naissance à un petit garçon, Aïssa, qui a maintenant 3 ans et à une petite fille d'à peine 5 mois, Baylassane. Le père d'Aïssa est actuellement en prison à Nanterre. Quand il est revenu en France, Margaux, elle, a préféré rester à Raqqa où elle a épousé tour à tour trois autres djihadistes français, parmi les plus durs. Tous les trois ont été tués. Et aujourd'hui, la jeune Nantaise assure au micro de France 2 qu'elle regrette d'être partie, qu'elle ne s'attendait pas à une telle barbarie sur place. "Je regrette aussi tous les mariages que j'ai fait. J'aurais voulu avoir une vie stable, avec un seul mari, faire des enfants avec la même personne, choisir un pays musulman mais calme... C'est sûr que si je pouvais retourner en arrière, je ne referai jamais les même erreurs", voilà ce qu'elle dit.

Elle risque la peine de mort en Syrie et en Irak

Au cours de l'entretien, elle reconnait savoir monter et démonter une arme, assure avoir essayé de s'enfuir, "mais Desh tue ceux qui essaient de partir". Elle dit aussi qu'elle est prête à "assumer" et à aller en prison à son retour en France. Le tribunal de Nantes l'a condamnée en son absence à deux ans de prison au mois de janvier pour être partie en Syrie, avec mandat d'arrêt. Et elle affirme vouloir que ses enfants soient rapatriés en France et confiés à ses proches, à Nantes.

Difficile de savoir si son acte de contrition est sincère ou s'il est calculé pour revenir en France

Est-elle sincère ? Difficile de le savoir, même pour Arnaud Comte, le journaliste de France 2 qui l'a rencontrée. "Je crois qu'elle est sincère quand il s'agit de protéger ses enfants", confie-t-il. "Elle sait qu'elle risque la peine de mort en Syrie et en Irak. Donc, sa priorité, c'est dire qu'elle assume ce qu'elle a fait mais que sa priorité, ce sont ses enfants, parce qu'elle ne sait pas ce qu'ils vont devenir si elle disparaît. Elle nous a même dit que rentrer en France et faire de la prison, c'est le meilleure chose qui pouvait lui arriver. Et c'est toute la difficulté avec des individus comme elle qui sont partis et ont passé plusieurs années en Syrie : est-ce que l'acte de contrition est sincère ou est-ce qu'il est calculé dans l'espoir de revenir en France ? Est-ce qu'il y a un double jeu pour tromper tout le monde, pouvoir revenir en France et repartir quelques mois plus tard ou commettre des attentats sur notre territoire".

Elle nous dit ne pas imaginer que ses enfants puissent s'insérer dans un pays comme la France

Et ce qui fait douter le journaliste de France 2, c'est la question posée à la jeune nantaise sur l'avenir de ses enfants. "Malgré les remords qu'elle a exprimés, malgré les quatre années passées au sein d'une organisation terroriste, elle nous a dit ne pas imaginer que ses enfants puissent s'insérer dans un pays comme la France et dans une société occidentale". Pour Arnaud Comte, elle est toujours embrigadée. "Quand on lui demande où elle se verrait vivre aujourd'hui, elle répond 'nulle part ailleurs qu'en Syrie, dans une ville comme Raqqa où il n'y a que des Musulmans et où on est très croyant. C'est ce que je voulais pour mes enfants et c'est ce que je veux, en quelques sortes, encore aujourd'hui". Des enfants qui n'ont pas d'existence légale pour les plus jeunes. Ils ne sont reconnus ni par la France, ni par la Syrie, ni par l'Irak puisqu'ils sont nés dans le "califat" du groupe Etats islamique, un état qui n'existe pas.

La Nantaise de 27 ans interrogée par Arnaud Comte de France 2 - Aucun(e)
La Nantaise de 27 ans interrogée par Arnaud Comte de France 2 - Capture d'écran France 2