Faits divers – Justice

A Nanterre, les détenus signaient pour accepter de dormir par terre

Par Audrey Morellato, France Bleu Paris Région et France Bleu samedi 30 janvier 2016 à 19:07

Maison d'arrêt des Hauts-de-Seine
Maison d'arrêt des Hauts-de-Seine © Maxppp - Bruno Levesque

Depuis le début de l'année, la maison d'arrêt des Hauts-de-Seine, à Nanterre, proposait aux nouveaux détenus de signer un document attestant qu'en raison de la surpopulation carcérale, ils acceptaient de dormir sur un matelas posé par terre. La prison compte deux fois plus de détenus que prévu.

C'est Le Canard enchaîné qui a révélé cette information mercredi. A Nanterre, les détenus arrivés depuis début janvier pouvait signer un document où ils assuraient avoir été "informés sur la surpopulation carcérale" et qu'ils acceptaient de "dormir sur un matelas par terre pour mon affectation en bâtiment A / B". Cela concernait les détenus qui voulaient quitter le bâtiment des arrivants, mais le document a été . D'après le directeur de la maison d'arrêt Jimmy Delliste, un cadre pénitentiaire a pris cette initiative pour que la demande de déplacement du détenu soit enregistrée noir sur blanc, après l'avoir informé des conditions de vie. 

Aucune valeur juridique

Alors que l'Etat est régulièrement condamné sur les conditions de détention et que cela lui coûte très cher, Jimmy Delliste se défend : "En aucun cas il n'y a eu volonté de se prémunir de quelconque recours". De fait, l'Observatoire international des prisons confirme que ce document, même signé, n'a aucune valeur juridique.

La maison d'arrêt de Nanterre compte 1.050 détenus, alors que sa capacité est de 592 places. Et le phénomène des matelas au sol prend de l'ampleur : d'après l'administration pénitentiaire, ils ont augmenté de 19% en un an, entre janvier 2015 et janvier 2016. En France, 1.200 des 66.678 détenus au 1er janvier 2016 dormaient sur un matelas posé par terre.

A Nanterre, les détenus signaient pour dormir par terre (A. Morellato)