Faits divers – Justice

Nantes : la police lance des grenades lacrymogènes pour déloger les anti-aéroport qui bloquaient le pont de Cheviré

Par Mikaël Roparz, France Bleu Armorique, France Bleu Loire Océan et France Bleu samedi 9 janvier 2016 à 23:02 Mis à jour le samedi 9 janvier 2016 à 23:45

Les opposants à Notre-Dame-des-Landes sur le pont de Cheviré
Les opposants à Notre-Dame-des-Landes sur le pont de Cheviré © Maxppp

Les CRS ont lancé des grenades lacrymogènes pour déloger les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des Landes qui bloquaient avec des tracteurs le pont de Cheviré sur le périphérique de Nantes. La manifestation a mobilisé 20.000 personnes selon les opposants. Un peu plus de 7000 pour la police.

Il a fallu l'utilisation de grenades lacrymogènes pour que les manifestants qui bloquaient le pont de Cheviré quittent les lieux. Les CRS avaient encerclé en milieu de soirée les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes qui voulaient passer la nuit sur place. Les accès nord et sud du pont étaient bloqués par des tracteurs.

Peu avant 22h, la police avait tenté de négocier une première fois avec les opposants pour qu'ils débloquent volontairement le périphérique. Mais en vain. Il a fallu attendre quelques sommations, l'utilisation de lanceurs d'eau et  de grenades pour que les tracteurs quittent le pont de Cheviré.

Dans un communiqué, le préfet de la région Pays-de-la-Loire a estimé que "la garantie donnée par les organisateurs de quitter le périphérique en fin d’après-midi n’a pas a été respectée". Il a donc "décidé de procéder à l’évacuation du site. Il appelle les manifestants à agir de façon responsable et à quitter les lieux dans le calme".

Les opposants, des marcheurs, des cyclistes et des agriculteurs sur leurs tracteurs ont défilé samedi sur le périphérique de Nantes pour s'opposer au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

En fin de journée, alors que la manifestation prenait fin, des agriculteurs ont décidé de rester sur place, sur le pont de Cheviré, tant que le Président Hollande ne renoncerait pas à l'expulsion des habitants du site prévu pour le futur aéroport nantais. "On est déterminés à rester. Notre objectif n'est pas de tout bloquer mais d'obtenir une réponse de François Hollande. La balle est dans son camp", avait déclaré en fin de journée Vincent Delabouglisse, de l'organisation paysanne COPAIN44, lors d'un point de presse organisé sur le pont enjambant la Loire. 

Cette manifestation, organisée samedi devait initialement avoir lieu dans une semaine, mais Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale du groupe Vinci concessionnaire du projet d'aéroport, entend réclamer mercredi au tribunal de grande instance de Nantes l'expulsion de paysans installés sur la ZAD, "zone d'aménagement différé".

"Une occupation intolérable" - Président du conseil régional  Pays-de-la-Loire

Nicolas Hulot, ex-envoyé spécial de François Hollande pour la protection de la planète, estime que ce projet controversé est l'un de ceux "auxquels il va falloir renoncer", dans un entretien au journal Le Monde.

De son côté, le nouveau président du conseil régional des Pays-de-la-Loire, Bruno Retailleau, a dénoncé le blocage du pont, "axe économique majeur pour notre région". "Je demande à l'Etat de prendre toutes les mesures pour en finir avec cette occupation intolérable", a-t-il réclamé dans un communiqué.

En février 2014, 20.000 personnes s'étaient rassemblées dans le centre-ville de Nantes. Le rassemblement avait donné lieu à des dégradations et des affrontements avec les forces de l'ordre.

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