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Nantes : une manifestation "antifa" dérape, les réactions pleuvent et une polémique enfle

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Les stigmates des débordements survenus, ce vendredi soir, en marge d'une manifestation "antifa" sont encore bien visibles dans le centre-ville nantais. Outre les vitrines brisées et une statue taguée, une polémique politique enfle et l'opposition en appelle à la démission d'un adjoint.

Des débordements ont eu lieu, ce vendredi soir dans le centre-ville de Nantes, en marge d'une manifestation qui réunissait 630 militants d'ultragauche. Des débordements ont eu lieu, ce vendredi soir dans le centre-ville de Nantes, en marge d'une manifestation qui réunissait 630 militants d'ultragauche.
Des débordements ont eu lieu, ce vendredi soir dans le centre-ville de Nantes, en marge d'une manifestation qui réunissait 630 militants d'ultragauche. © AFP - Estelle Ruiz

La marche aux flambeaux a dégénéré. Quelque 630 militants "antifa" s'étaient données rendez-vous, ce vendredi soir dans le centre-ville de Nantes, "contre le fascisme, le capitalisme, l'autoritarisme". La manifestation débutée à 19 heures avec feux d'artifices, torches et fumigènes a ensuite pris une tournure moins pacifique. En marge du cortège, la vitrine d'un magasin de vêtement a été brisée, d'autres ont été dégradées, des faits rapidement condamnés par la classe politique locale. Qui s'écharpe à présent autour d'un message posté sur le réseau social Twitter par un adjoint au maire de Johanna Rolland. Explications. 

Vitrines brisées et statue dégradée

La devanture la plus dégradée a certainement été celle de Zara avec une partie de la vitrine brisée en mille morceaux. D'autres commerces comme Monoprix ont également été la cible de certains casseurs, au même titre qu'une sucette publicitaire, et plusieurs tags aux messages clairs sont toujours visibles sur les murs du centre-ville au lendemain de ce défilé où deux personnes ont été interpellées

Plus proche de la Loire, la statue du colonel Georges de Villebois-Mareuil, militaire né à Nantes et connu pour être un des membres fondateurs du mouvement nationaliste et royaliste d'extrême droite Action française, en 1899, a elle aussi été vandalisée. 

La manifestation qui s'est achevée dans la confusion entre jets de projectiles tirés par des militants et gaz lacrymogènes envoyés par les forces de l'ordre a provoqué une pluie de réactions politiques

La statue du colonel Georges de Villebois-Mareuil dégradée, place la Bourse à Nantes
La statue du colonel Georges de Villebois-Mareuil dégradée, place la Bourse à Nantes © Radio France - Leïla Méchaouri

Dans la soirée, la maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, s'est empressée de condamner "avec force les dégradations dont notre centre-ville a été l’objet", sur Twitter avant d'assurer apporter son soutien aux commerçants concernés

"Soutien et hommage à nos policiers qui font un travail remarquable face à ces groupuscules ultraviolents", lâche de son côté la président du conseil régional des Pays de la Loire, Christelle Morançais tout en condamnant des faits "extrêmement graves" qui se sont déroulés au même moment qu'une messe, à l'église Saint-Clément, en mémoire de Louis XVI guillotiné le 21 janvier 1793, selon des sources policières.

La droite appelle Tristan Riom à la démission

Témoin de la manifestation "en tant que simple passant", assure Tristan Riom, cinquième adjoint à la mairie de Nantes en charge du bâtiment, de l'énergie et du climat, l'élu écologiste s'est fendu d'un tweet "malvenu", a-t-il reconnu à posteriori. 

Son message : "Marche aux flambeaux contre l'extrême droite. Du monde et de la musique, de quoi interpeller la vie nocturne nantaise sur l'avancée des idées nauséabondes dans notre pays" a fait enrager l'opposition et provoqué des réactions de la majorité, à laquelle il appartient. À commencer par celle de Pascal Bolo sur les réseaux sociaux. 

La vitrine du magasin Zara a été brisée par des manifestants ce vendredi soir à Nantes.
La vitrine du magasin Zara a été brisée par des manifestants ce vendredi soir à Nantes. © Radio France - Leïla Méchaouri

"Ce qui s'est passé après mon message a montré un autre visage de cette manifestation qui en fait était la violence comme mode d'action, et ça pour le coup évidemment je ne suis pas d'accord, se défend le cinquième adjoint au centre de la polémique. Si j'avais su que ça allait tourner comme ça, je n'aurais pas fait ce tweet qui signalait cette manifestation, ça c'est clair. Je pense que je n'ai pas eu assez d'éléments, j'ai fait peut-être une mauvaise analyse de la situation". 

Le groupe écologiste et citoyen à la mairie de Nantes auquel appartient Tristan Riom a également rapidement réagi. Mais il a eu beau condamner "les violences et les dégradations [...] intolérables et qui n'ont pas lieu d'être dans une manifestation", l'opposition demande la démission de l'élu à l'unisson. 

"Honte à vous, démissionnez", a lâché la députée En Marche, Valérie Oppelt. "La gauche nantaise s'est rendue hier soir complice des extrêmes et de la violence. Nous exigeons une condamnation claire de Johanna Rolland et la démission de son adjoint", réclame la droite locale emmenée par Laurence Garnier et Julien Bainvel. 

"Malheureusement, comme trop souvent, les écologistes soutiennent les mouvements "antifa" qui dégénèrent à chaque fois, dénonce le conseiller municipal LR Julien Bainvel. La ville de Nantes est l'objet récurrent de manifestations de ce type qui vont encore avoir des conséquences puisque tout cela a un coût financier important. Johanna Rolland, elle aussi, condamne timidement ces actes, et nous, ce que nous demandons, c'est la démission de Tristan Riom puisque nous considérons qu'en soutenant publiquement cette manifestation il s'est rendu complice des débordements qui ont eu lieu."

Une polémique qui continue de prendre de l'ampleur, ce samedi, avec plus de 220 messages accompagnés du mot dièse #RiomDémission.

Deux interpellations, une comparution immédiate

A l'issue de la manifestation vendredi soir, deux personnes ont été interpellées, dont l'une a été placée en garde à vue. Le manifestant placé en garde à vue sera jugé en "comparution immédiate lundi, du chef de _violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique__"_, indique le parquet de Nantes à l'AFP.

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