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Faits divers – Justice

TÉMOIGNAGE - "On ne me rendra pas mon enfant, le système de remplacement de la maternité de Die est un fiasco total"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu

A Châtillon-en-Diois (Drôme), le compagnon de la femme qui a perdu son bébé in utero à 8 mois de grossesse lundi soir a décidé de prendre la parole. Fabrice Martinez veut dénoncer le protocole mis en place depuis la fermeture de la maternité de Die. Protocole qui ne fonctionne pas, dit-il.

Centre hospitalier de Die (Drôme)
Centre hospitalier de Die (Drôme) © Radio France - Nathalie Rodrigues

Die, France

Fabrice Martinez est en colère. Il habite Châtillon-en-Diois. Déjà papa de deux enfants, lui et sa compagne ont perdu leur bébé in utero lundi soir, à 8 mois de grossesse. C'était une grossesse à risque. 

D'après leur récit, ils ont suivi le protocole mis en place depuis la fermeture de la maternité de Die fin décembre 2017. Sa compagne était suivi par une sage-femme libérale et l'hôpital de Montélimar, mais elle avait aussi un dossier au centre périnatal de proximité de Die précise Fabrice Martinez : "Notre gynécologue nous avait confirmé le fait qu'elle faisait un dossier médical informatisé, avec des alarmes, des clignotants et tout ce qui pouvait mettre en alerte le centre 15 ou les gens qui auraient pu recevoir notre appel en cas d'incident."

Trois heures entre l'appel aux secours et l'arrivée à l'hôpital de Montélimar

Fabrice Martinez explique avoir alerté les secours à 19h45. Les pompiers ont d'abord transporté sa compagne aux urgences de l'hôpital de Die où un hélicoptère était attendu. Il arrive "au moins 1h15 après" et finit par acheminer la patiente à l'hôpital de Montélimar. Il est alors 22h58 raconte Fabrice Martinez : "Il a fallu plus de 3 heures pour acheminer ma femme à Montélimar. Si, en étant inconscient et fou, j'avais chargé ma femme dans la voiture, je mettais moins d'une heure pour arriver à Montélimar. Mais je me suis fié au protocole qui m'avait été demandé. Il s'avère que notre enfant y est resté."

"Avec une maternité à Die, j'y étais en dix minutes" - Le père de famille

Aucun médecin ou sage-femme correspondant SAMU n'a été envoyé au domicile du couple selon Fabrice Martinez. Il est intimement persuadé que son enfant aurait eu plus de chance d'être sauvé avec une maternité à Die : "Avec une maternité à Die, j'y étais en 10 minutes. Par contre, les docteurs de Montélimar nous ont bien prévenus. Ils nous ont dit 'même dans nos locaux, quand des femmes font un décollement placentaire, nous ne sommes pas certains de sauver l'enfant'. Mais entre 10 minutes pour prendre en charge un individu en détresse dans le ventre de sa mère et 3 heures... je vous laisse faire la différence."

La compagne de Fabrice avait eu une complication similaire lors de sa deuxième grossesse, en décembre 2014. La maternité de Die existait encore. D'après son témoignage laissé sur la page internet du Collectif de Défense de l'Hôpital de Die, en 45 minutes, elle avait eu un monitoring, une échographie, une césarienne, et cet enfant est en vie.

"On ne peut en vouloir à personne, moi j'en veux au système"

Fabrice Martinez explique qu'il n'en veut pas aux pompiers et à ceux qui sont intervenus ce soir là. Tous ont suivi le protocole. Ses reproches vont vers ceux qui l'ont mis en place : "On veut nous faire un hôpital, ce n'est même pas la moitié d'un hôpital. Il n'y a même pas une maternité, même pas un plateau chirurgical. On n'a rien. En fait, on n'a rien. Et on se doit de mourir. Si on a de la chance, on vit. Nous, on n'a pas eu de chance. Notre fils n'a pas eu de chance. Mais notre fils, il est peut-être là pour dénoncer un fonctionnement qu'on met en place dans les hautes sphères, et après, on laisse les gens se démerder avec ça."

"Pas de maternité, pas de chirurgie. On n'a rien. Si on a de la chance, on vit. Notre fils n'a pas eu de chance" Fabrice Martinez

Fabrice Martinez ne sait pas encore s'il va porter plainte. Il ne portera pas plainte contre quelqu'un en particulier. S'il le fait, ce sera contre "le système". "Est-ce que j'ai envie de porter plainte pour embêter l'Etat, pour faire en sorte que d'autres maternités ne ferment pas avant d'avoir trouvé le vrai protocole? Il ne fonctionne pas chez nous, je le redis. Donc ne nous appuyons pas sur le Diois pour faire fermer les maternités au niveau national, parce que je le dis, ça ne fonctionne pas. Donc si je porte plainte, ce ne sera que pour freiner et pour embêter l'Etat. Pour qu'enfin des gens puissent accoucher décemment, sans avoir le deuil d'un enfant à porter."

"Est-ce que j'ai envie de porter plainte pour embêter l'Etat, pour faire en sorte que d'autres maternités ne ferment pas?" Fabrice Martinez

Une plainte permettrait aussi d'engager une enquête judiciaire sur ce qui s'est passé. L'enquête annoncée par l'Agence Régionale de Santé, notamment sur le suivi à domicile de la patiente, ne convainc pas Fabrice Martinez : "C'est super facile. L'ARS, ce sont eux qui nous ont fermé la maternité, et ce sont eux qui diligentent une enquête....pour dire quoi ? Pour taper sur les gens qui nous veulent du bien ? Les sages-femmes, je vous assure, on les appelle le jour et la nuit, elles se déplacent, elles sont sur le terrain. Là, ce qui n'a pas marché, c'est le protocole."

"Qu'on nous fasse pas miroiter qu'en 2019, la santé, on la gère. parce que ce n'est pas vrai." Fabrice Martinez

Die, dans la Drôme - Radio France
Die, dans la Drôme © Radio France - Denis Souilla
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