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Faits divers – Justice

"On ne nous juge pas pour ce que l'on a fait, mais pour ce que l'on est"

vendredi 17 novembre 2017 à 19:05 Par Jade Peychieras, France Bleu Poitou

Dix personnes sont jugées au tribunal correctionnel de Poitiers en ce moment pour avoir envahi, avec plusieurs centaines d'autres personnes, les voies ferrées, à l'occasion d'une manifestation contre la loi Travail.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le Palais de Justice pour soutenir les prévenus.
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le Palais de Justice pour soutenir les prévenus. © Radio France - Jade Peychieras

Poitiers, France

C'était le 19 mai 2016, lors d'une manifestation contre la loi travail. Entre 400 et 500 personnes avaient envahis les voies ferrées de la gare de Poitiers. Le trafic des trains avait été arrêté. La SNCF estime le préjudice à 6 755 euros. Une dizaine de militants sont jugés depuis ce vendredi au tribunal correctionnel dans cette affaire. La salle d'audience du tribunal est comble. Dehors, les voix amplifiées par le mégaphone qui exigent la relaxe : "Seule réponse possible puisque ce procès n'est pas juste, martèle l'avocat de la défense Me Françoise Artur. Pas de dégradation, pas de violence, mais... des trains en retard. Est-ce que c'est un trouble exceptionnel ? Je pose la question..." Voilà comment débute sa plaidoirie. Derrière la petite pique humoristique, une question : ces hommes et ces femmes ont-ils suffisamment dérangé l'ordre public pour remettre en cause le droit fondamental de manifester ? Une heure sur les voies ferrées, un jour de grève des cheminots où le trafic est déjà perturbé.

Pour le procureur, le débat n'est pas là : "Je suis le garant des libertés, dit-il. La liberté de manifester, certes, mais aussi la liberté de prendre le train et d'arriver à l'heure." Il estime que l'infraction est caractérisée. D'ailleurs, les prévenus reconnaissent tous avoir envahi la voie ferrée ce jour-là. Pour ça, il requiert 1000 euros d'amende avec sursis partiel pour chacun des prévenus.

Y a-t-il eu ciblage politique ?

Dix personnes épinglées parmi plusieurs centaines d'autres. Pour les prévenus, ce n'est clairement pas un hasard s'ils se retrouvent à la barre. "C'est politique, c'est évident, dénonce Jean-Christophe en sortant du tribunal, au milieu des drapeaux colorés des militants venus le soutenir lui et ses compères. Depuis un certain temps, les policiers ont le monde libertaire dans le nez et ils essaient de nous embêter. Pourquoi sur les dix prévenus y a-t-il huit libertaires alors que la CGT était sur-représentée ce jour-là ?"

Benoit Sauvage, lui aussi jugé dans cette affaire, est l'un des secrétaires du syndicat Solidaires : "Nous avons été conduits devant le tribunal correctionnel non pas pour une infraction mais pour nos opinions politiques. Dans le dossier, selon des procès verbaux, d'autres personnes ont pu être identifiées".

Une accusation balayée par le procureur : pour lui, il n'y a aucun ciblage politique. D'ailleurs, dit-il en somme, que d'autres soient coupables ne fait pas de vous des innocents. Le jugement sera rendu le 21 décembre.