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Faits divers – Justice

"On ne refuse pas une dernière chance à un enfant leucémique"

vendredi 28 juillet 2017 à 5:30 Par Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault et France Bleu

Les parents d'un garçon de 11 ans atteint d'un cancer ont saisi le Conseil d'Etat pour exiger du CHU de Montpellier un traitement. L’hôpital en préconise un autre, palliatif. La plus haute juridiction administrative lui a donné raison.

Illustration
Illustration © Maxppp -

Montpellier, France

Le cancer de Lucas est diagnostiqué en février 2016 : il souffre d'une leucémie aiguë lymphoblastique.

Après une rémission, l'enfant qui aura bientôt 11 ans tombe dans le coma et en mai de la même année, il est admis à l'hôpital la Timone à Marseille où il est pris en charge par le service de réanimation médico‐chirurgicale pédiatrique.

Séquelles neurologiques lourdes

Le petit garçons sort du coma mais son état s'est sérieusement dégradé avec des séquelles neurologiques lourdes, à la fois motrices et cognitives. Il fait alors de la rééducation à l'Institut St Pierre de Palavas-les-Flots (Hérault) qui porte ses fruits et des améliorations sont constatées.

Un an plus tard, en juin dernier, un contrôle sanguin révèle une récidive de la leucémie qui entraîne son admission au sein du service onco‐hématologie pédiatrique de l’hôpital Arnaud de Villeneuve, du CHU de Montpellier.

Le père demande une chimiothérapie en urgence, les médecins optent pour les soins palliatifs

Au vu de son état de santé, les médecins préconisent une chimiothérapie palliative. Décision validée par les CHU de Nice et de Marseille lors d'une réunion de concertation pluridisciplinaire interrégionale.

Pas d'accord, le père de Lucas demande en urgence le début d'une chimiothérapie curative dont il espère qu'elle soignera son fils. Face au refus du CHU début juillet, il saisit le tribunal administratif de Montpellier en référé qui donne raison aux médecins. Le Conseil d'Etat vient de statuer dans le même sens considérant que "c’est aux médecins qu’il appartient de choisir d’administrer un traitement plutôt qu’un autre" au vu de leur bilan.

Ce n'est pas au patient de choisir son traitement

Confirmation de Julie Durand, directrice de la communication du CHU de Montpellier : "le rôle de l'équipe médicale c'est d'évaluer l'état de santé du patient et, du coup, les bénéfices et les risques de chaque traitement possible".

Le traitement proposé par le CHU de Montpellier a été validé par des experts extérieurs à l'établissement

Julie Durand, directrice de la communication au CHU de Montpellier

Le juge des référés du Conseil d'Etat rappelle que le litige ne porte pas sur la suspension d'un traitement ou le refus de commencer un traitement mais sur le choix d'en administrer un plutôt qu'un autre. Et il souligne que le CHU de Montpellier "a déduit qu’une chimiothérapie curative ne constituait pas le traitement le plus approprié, compte tenu de la très forte probabilité de son inutilité et des grandes souffrances ainsi que des risques élevés qu’il entraînerait".

On ne refuse pas une dernière chance à un enfant leucémique

Décision incompréhensible pour Me Françoise Fabiani qui a plaidé pour les parents de Lucas devant le Conseil d'Etat. D'une part, le corps médical n'est pas infaillible selon elle et d'autre part "la chimiothérapie est un traitement assez fort, c'est vrai, mais ou bien Lucas résiste, ça marche et voilà; ou bien effectivement, c'est terminé. Mais c'était la seule chance qu'il avait, une possibilité qui n'était pas déraisonnable".

Avec le traitement qu'on lui propose, on fait en sorte qu'il meurt doucement

Me Françoise Fabiani, l'avocate des parents de Lucas

A ce jour, Lucas est toujours pris en charge à l'hôpital de Montpellier. Me Fabiani ne sait pas encore ce que va décider son père, "est-ce qu'il va essayer dans un autre établissement? Je ne peux pas vous dire..."