Faits divers – Justice

World Trade Center : un Clermontois raconte l'horreur du 11 septembre

Par Eric Le Bihan, France Bleu Pays d'Auvergne dimanche 11 septembre 2016 à 6:00

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1 © Maxppp - World Trade Center - 11 septembre 2001

15 ans jour pour jour après les attaques terroristes des pirates de l'air d'Al Qaïda, un publicitaire clermontois installé à New-York revient sur la tragédie du World Trade Center.

11 septembre 2001:  une attaque terroriste aérienne sans précédent plonge les États-Unis et le monde entier dans le cauchemar. Quatre avions de ligne sont détournés par des membres d'Al-Qaïda. Deux d'entre eux s'écrasent sur les tours jumelles du World Trade Center à New-York. Un 3e appareil percute le Pentagone. Le dernier avion se crashe en Pennsylvanie après que des passagers ont tenté de reprendre le contrôle de l'appareil. Bilan de cette folie terroriste : 2.977 morts et 6.291 blessés.

Le Clermontois Norbert Fruteau de Laclos (43 ans, aujourd'hui), se trouvait dans le bureau de son agence publicitaire, située juste en face des tours jumelles. 15 ans après, Norbert a repris une vie normale à Big Apple. Ou presque. Des images d'horreur reviennent parfois et hantent ses nuits. Il lui a été très longtemps impossible de remonter dans un gratte-ciel. Son témoignage.

Est-ce que le cauchemar vécu il y a 15 ans s'estompe avec le temps ?

Norbert  Fruteau de Laclos. Je crois qu'on oublie petit à petit. La vie reprend son cours, surtout à New-York. Mais l'approche des commémorations nous replongent ses mauvais souvenirs. Jusqu'à il y a un an encore, je ne pouvais pas monter dans une tour. J'avais une peur panique. Ma famille est venue en vacances mais je n'ai pas pu monter dans l'ascenseur de l'Empire State Building. L'année dernière, je suis allé visiter la nouvelle tour (le One New-York Plaza) et j'ai  enfin réussi à vaincre ma peur et à monter dans l'ascenseur.

Les nouvelles tours font que les New-yorkais ont tourné la page ?

Oui, mais je ne sais pas si c'est vraiment une bonne chose. Ça ressemble un peu à un Jurassic Park. Il faut payer une petite fortune 45 dollars pour monter. Il faut passer par des couloirs où vous avez des vidéos, de la musique de fanfare. On a droit à un petit speech avec l'histoire de New-York. Dans l'esprit, ça ressemble à un parc d'attractions. C'est très américain, quoi. Deux centres commerciaux ont aussi été ouverts à proximité des tours.  A part le mémorial un peu bizarre (une espèce de grand trou avec de l'eau qui tombe dedans) rien ne rappelle le drame du 11 septembre 2001 ici.

Norbert Fruteau de Laclos raconte son 11 septembre - Radio France
Norbert Fruteau de Laclos raconte son 11 septembre © Radio France - Eric Le Bihan

15 ans après, qu'est-ce-qu'il vous reste des attentats ?

Ce qui me reste de plus marquant, ce sont des images. Surtout quand je prends l'ascenseur. Ce sont les vitres qui explosaient à cause de la chaleur. Je me souviens des objets qui tombaient des tours. Je pensais que c'était des fenêtres. En fait, c'était des gens qui sautaient. Ça me hante, de moins en moins, mais j'avoue qu'il m'arrive encore d'avoir des flashes. Surtout la nuit...

Vous avez vu les tours s'effondrer ?

Oui, oui... en silence... Le vent poussait le bruit de l'autre côté. C'était impressionnant... Irréel.... J'aime les films fantastiques avec beaucoup d'effets spéciaux et je pensais être dans un de ces films, avec une mauvaise bande son. J'ai vu les deux tours tomber. Lorsque la seconde (tour) s'est effondrée, j'ai couru pour ne pas être rattrapé par la fumée menaçante et les débris. C'est de moins en moins fréquent, mais parfois, ces images me réveillent encore la nuit.

Vous travaillez toujours à New-York ?

Oui, mais j'ai quitté l'agence de publicité qui m'employait il y a 15 ans. Aujourd'hui, je travaille en free-lance. Mon bureau est à la maison. J'habite à 500 mètres à peine des nouvelles tours.

Le Clermontois Norbert Fruteau de Laclos raconte son 11 septembre