Faits divers – Justice

Nez cassé, arcade explosée, cuir chevelu arraché : un détenu d'Uzerche s'est acharné sur le personnel pénitentiaire

Par Nicolas Blanzat, France Bleu Limousin et France Bleu mardi 29 mars 2016 à 19:08

L'homme s'en est pris à quatre personnes, à l'infirmerie
L'homme s'en est pris à quatre personnes, à l'infirmerie © Radio France - Nicolas Blanzat

Un détenu du centre de détention d'Uzerche s'en est violemment pris au personnel médical et à une surveillante de prison, ce mardi. Il devrait être jugé, ce jeudi, à Tulle alors que le personnel de l'établissement est appelé à se rassembler, ce mercredi matin, en soutien aux collègues violentés.

Tous les personnels du centre de détention d'Uzerche sont appelés à un rassemblement de soutien, ce mercredi matin à partir de 6h30, devant l'établissement. Soutien à quatre de leurs collègues très violemment agressés par un détenu, ce mardi vers 9 heures du matin.

Déchaînement de violence

L'homme, apparemment énervé depuis plusieurs jours, s'est déchaîné alors qu'il venait d'arriver à l'infirmerie pour recevoir son traitement. "Il s'est acharné sur trois personnes du service médical", raconte Jean-François Opsomer, surveillant et délégué syndical CFTC. "Il a arraché la cuir chevelu d'une femme, il a amoché l'arcade et le nez d'un infirmier. Et puis, il a sauvagement agressé une surveillante de prison qui était présente à l'infirmerie." Cette surveillante, molestée et très choquée, était toujours hospitalisée à Tulle ce mardi en fin de journée.

"On est tout le temps dans un climat d'insécurité"

  • Jean-François Opsomer, délégué syndical CFTC

Pour ses collègues, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Une colère qu'exprime Jean-François Opsomer. "On a tous, un jour, été agressé physiquement et ça nous rappelle des mauvais souvenirs et on n'en peut plus. On est tout le temps, tout le temps, dans un climat d'insécurité, d'agressions verbales ou physiques. On a vraiment du mal à effectuer correctement notre travail."

L'agresseur jugé ce jeudi ?

A Uzerche, où il y a une seule surveillante pour l'infirmerie, le syndicaliste CFTC pointe le manque d'effectif. "J'ai connu d'autres établissements où il y avait au moins deux surveillants à l'infirmerie. Il faut pouvoir, au moins, être deux pour intervenir. Une femme seule, en plus, ça fait un peu léger" déplore-t-il. A la suite de ces agressions, le détenu devrait être jugé, ce jeudi, en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Tulle.