Faits divers – Justice

Nicolas Sarkozy mis en examen dans l'affaire des écoutes

France Bleu mercredi 2 juillet 2014 à 7:22 Mis à jour le mercredi 2 juillet 2014 à 12:51

Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour corruption active, trafic d'influence actif et violation du secret de l'instruction
Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour corruption active, trafic d'influence actif et violation du secret de l'instruction © MaxPPP

C'est un séisme dans la sphère politique : Nicolas Sarkozy a été mis en examen mardi soir à l'issue de sa garde à vue pour corruption active. Les juges ont ajouté ce chef de mise en examen à ceux qui faisaient l'objet de l'enquête, à savoir la violation du secret de l'instruction et le trafic d'influence. L'ex-Président s'exprimera ce mercredi soir sur TF1 et Europe 1, à 20h.

Alors que son retour en politique semblait plus que jamais d'actualité, au moment où l'UMP est traversé par une crise interne, c'est un coup de tonnerre pour Nicolas Sarkozy. A l'issue de 15 heures de garde à vue – une première pour un ancien Président – il a été mis en examen dans la nuit de mardi à mercredi, dans l'affaire du trafic d'influence auprès de magistrats de la Cour de Cassation. 

Les juges ont mis en examen Nicolas Sarkozy, non seulement pour recel de violation du secret professionnel et pour trafic d'influence, mais aussi pour corruption active. Ce chef d'accusation, plus grave, est passible de dix ans d'emprisonnement . L'avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog, est lui aussi mis en examen pour corruption active ; le haut magistrat Gilbert Azibert a quant à lui été mis en examen pour corruption passive. 

"Acharnement disproportionné "

L'ancien chef de l'Etat n'est pas soumis à un contrôle judiciaire. Les juges cherchent désormais à savoir si Nicolas Sarkozy a tenté d'obtenir auprès de Gilbert Azibert des informations confidentielles sur une décision de justice le concernant en échange de la promesse d'une intervention pour faciliter l'obtention d'un poste à Monaco. L'avocat Thierry Herzog aurait pu servir d'intermédiaire à ce trafic d'influence. Pour les juges, il pourrait donc s'agir d'un véritable système de corruption , où MM. Sarkozy et Herzog sont les corrupteurs (corruption active) et M. Azibert le corrompu (corruption passive).

Peu de ténors de la droite ont pour l'heure pris la parole pour défendre Nicolas Sarkozy, qui selon plusieurs sources internes à l'UMP, a l'intention de candidater au poste de président du parti . L'ancienne ministre Nora Berra dénonce un "acharnement totalement disproportionné ". "Il faut à tout prix trouver un chef d'accusation pour entâcher Nicolas Sarkozy " a-t-elle déploré, faisant remarquer que "le calendrier judiciaire est calqué sur le calendrier politique ". 

Interview ce soir à 20h

Alain Juppé, l'un des membres de la direction collégiale transitoire de l'UMP, a également pris la défense de Nicolas Sarkozy sur son compte Twitter, en rappelant l'importance de la présomption d'innocence. "Sa défense démontrera son innocence, je le souhaite", a écrit le maire de Bordeaux. L'ex-Président de la République devrait en tout cas venir lui-même assurer sa défense. Europe 1 et TF1 ont en effet annoncé qu'il s'expliquerait ce mercredi soir à 20h, dans un entretien accordé aux journalistes des deux médias.