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Faits divers – Justice

Nicole Belloubet ne veut pas donner aux maires l'accès au fichier des délinquants sexuels

jeudi 31 mai 2018 à 7:59 Par Stéphane Barbereau, France Bleu Nord et France Bleu

La Ministre de la Justice participe ce jeudi matin à un colloque consacré à "la prévention de la récidive et des radicalisations" au Conseil Régional des Hauts-de-France, à Lille. Sur France Bleu Nord, Nicole Belloubet est revenu sur l'affaire Angélique.

La Ministre de la Justice, Nicole Belloubet
La Ministre de la Justice, Nicole Belloubet © Maxppp - Maxppp

Lille, France

C'est un fait divers qui avait relancé la polémique sur le risque de récidive des criminels et délinquants sexuels. Le 25 avril 2018, Angélique Six, 13 ans, avait été violée et tuée à Wambrechies, près de Lille. Le meurtrier présumé, David Ramault, a été interpellé et incarcéré. En 1996, il avait déjà été condamné pour un viol et deux agressions sexuelles commis à Marquette-lez-Lille et La Madeleine. Le maire de cette dernière commune demande à ce que les maires soient informés de la présence sur leurs communes des personnes inscrites sur le fichier des délinquants sexuels. Nicole Belloubet y est hostile : 

Je suis réticente. Je crois qu'il faut être très attentif en matière d'accès à ces fichiers. Il y a eu un accès très large à ces fichiers en Grande-Bretagne et cela n'a pas donné de résultats très positifs

Nicole Belloubet très "réticente" pour donner l'accès au fichier des délinquants sexuels aux maires

La Ministre évoque des dérapages Outre-Manche mais sans citer d'exemple précis. Pour Sébastien Leprêtre, le maire de La Madeleine, un maire au courant de la présence d'un délinquant ou criminel sexuel sur sa commune peut avoir un aspect dissuasif :

On imagine que l'intéressé n'aurait pas fréquenté les fêtes d'école, on aurait pu allumer des clignotants au niveau de son suivi médico-social" - Le maire de La Madeleine

Pourquoi Sébastien Leprêtre souhaite avoir accès au fichier des délinquants sexuels

Le maire souhaite donc accélérer les choses sur "le partage d'informations sur les situations à risque en l'accompagnant naturellement de mesures de secret : l'idée n'est pas jeter à la vindicte populaire des gens qui peuvent être un mode de reconstruction". La Ministre de la Justice ajoute que dans le cas de David Ramault, il n'y a pas eu de défaillance de l'institution judiciaire :

Il n'avait pas de suivi socio-judiciaire tout simplement parce que ce suivi a été mis en place après son premier crime

Aujourd'hui, les auteurs de ces crimes ou délits sexuels ont très souvent un suivi socio-judiciaire avec des injonctions de soins ordonnés par un juge. 

Des évolutions positives pour les détenus radicalisés d'Annoeulin

La Ministre de la Justice parlera aussi de la radicalisation, ce jeudi matin, au Conseil Régional, à Lille. Lundi, le procureur de la République de Paris, en charge des affaires terroristes, François Molins, disait craindre la sortie de prison d'une quarantaine de détenus radicalisés, en France, d'ici deux ans. Nicole Belloubet veut rassurer :

Nous serons d'une vigilance extrême, nous avons des dispositifs de surveillance importants" - Nicole Belloubet

Nicole Belloubet refuse de parler d'échec de la politique de "déradicalisation" de certains détenus

La Ministre cite les renseignements pénitentiaires qui communiqueront au Renseignement Intérieur les informations concernant ces détenus radicalisés, une fois libérés. A travers ces inquiétudes du magistrat parisien, Nicole Belloubet ne veut pas voir un échec des unités dédiés à la l'évaluation ou à la lutte contre la radicalisation dans les prisons françaises (comme à Lille-Annoeulin ou Vendin-le-Vieil) :

Cela ne signifie pas que tous les dispositifs sont inutiles ou inefficaces. A Lille-Annoeullin, il y a des évolutions très positives de la part des détenus.

Nicole Belloubet rappelle la très large palette de l'administration pénitentiaire pour lutter contre les détenus radicalisés dans les prisons. On compte actuellement 500 détenus condamnés pour terrorisme dans les prisons français et 1 200 autres détenus radicalisés.