Faits divers – Justice

Manuel Valls et Jean-Jacques Urvoas visitent la maison d'arrêt de Nîmes

Par Fanny Bouvard et Arnaud d'Arcy, France Bleu Gard Lozère lundi 8 août 2016 à 5:30

Illustration : des surveillants de la maison d'arrêt de Nîmes lors d'une manifestation en 2013
Illustration : des surveillants de la maison d'arrêt de Nîmes lors d'une manifestation en 2013 © Maxppp - WILLIAM TRUFFY

Le Premier ministre et le ministre de la Justice sont attendus ce lundi matin à Nîmes. Ils viennent visiter la maison d'arrêt qui connaît un véritable problème de surpopulation depuis de nombreuses années.

Ils sont près de 400 détenus actuellement à la maison d'arrêt de Nîmes, pour seulement 192 places. Avec un taux d'occupation de 207%, c'est l'une des prisons les plus surpeuplées en France métropolitaine. Manuel Valls et Jean-Jacques Urvoas viennent la visiter ce lundi et pourraient faire des annonces.

"À Nîmes, nous avons jusqu'à trois détenus pour neuf mètres carrés." - François Py, fondateur de l'OIP dans le Gard

Pour l'Observatoire international des prisons (OIP), la venue de deux ministres est un espoir. "Là, il ne peut pas ne rien se passer, explique François Py, fondateur de la branche gardoise de l'association. On ne peut pas rester à de vagues promesses."  Selon l'OIP, les détenus de la maison d'arrêt de Nîmes sont actuellement deux ou trois par cellule de neuf mètres carrés. "Les textes de loi prévoient au minimum 11 mètres carrés" rappelle François Py.

"Des conditions de vie inhumaines dans la prison" François Py, fondateur de l'OIP dans le Gard

L'annonce probable d'un agrandissement selon les syndicats de surveillants

Les syndicats de surveillants, l'Ufap-Unsa en tête, estiment que ce déplacement de Premier ministre et du garde des Sceaux pendant leurs vacances, cache forcément une annonce. "Ils vont sûrement nous annoncer un DAC, un dispositif d'accroissement de la capacité, explique Frédéric Pallini, membre du syndicat. Cela fait des années qu'on en entend parler et on sait (...) que dernièrement des sommes ont été débloquées et que (...) la direction est très favorable à ce projet."

"On passerait à 300 places pour 400 détenus, selon les projets les plus réalistes" Frédéric Pallini, Ufap-Unsa

Pour autant, Frédéric Pallini estime que cela ne résoudra pas le problème. "Créer des places, ça ne fait pas tout. On aura toujours un problème de parloirs, (...) de cuisine pas adaptée pour autant de détenus."

Les syndicats de surveillants sont clairs : ils préféreraient la construction d'un nouvel établissement et si les ministres viennent parler d'agrandissement, l'accueil ne sera pas des plus chaleureux.

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