Faits divers – Justice

Niort : l'homme accusé d'avoir volontairement transmis le Sida minimise sa responsabilité

Par Baudouin Calenge, France Bleu Poitou et France Bleu Touraine lundi 13 novembre 2017 à 20:42

La cour d'assises des deux sèvres
La cour d'assises des deux sèvres © Radio France - Baudouin Calenge

Première des trois journées de ce procès lundi. Une audience au cours de laquelle il a beaucoup été question de la personnalité de l'accusé, un Africain de 42 ans jugé pour avoir volontairement transmis le Sida à au moins trois de ses anciennes compagnes. Il risque 15 ans de prison.

Pas simple de cerner la personnalité de l'accusé tant il multiplie les versions, n'hésite pas à mentir et esquive dès que les questions l'ennuie. Père de huit enfants de sept femmes différentes, ce quadragénaire ivoirien aux multiples identités a, comme le dit pudiquement l'expert psychiatre, une vie affective complexe et singulière. Singulière au point d'ailleurs d'avoir eu quasiment au même moment trois enfants de trois compagnes différentes. Une polygamie qu'il assume d'ailleurs sans problème à l'audience.

Une vérité à géométrie variable

Il a aussi une définition bien à lui de la vérité. Pour justifier le fait qu'il ait longtemps dissimulé sa séropositivité à sa mère, il répond sans ciller au procureur : "cacher la vérité, ce n'est pas mentir. J'ai voulu la protéger pour qu'elle ne se rende pas malade". Une phrase qui en dit long sur un accusé capable d'un côté de comparer sa mère à un dieu et de l'autre de considérer - selon l'expert psychologue - ses compagnes comme des faire valoir, juste la pour assouvir ses plaisirs sans en mesurer les conséquences.

Un faux test VIH négatif

Et on a pu le mesurer en fin de journée lors de l'audition de l'une de ses victimes, celle qui a porté plainte en premier. "Il n'y a pas eu d'accidents de préservatif avec moi" , dit-elle d'emblée contrairement à ce qu'affirme l'accusé . "Il l'a enlevé lors de notre premier rapport". C'est suite à cela qu'elle lui demande de faire un test et qu'il va lui montrer un faux test VIH négatif.

"Je voulais la garder"

Un an plus tard, elle découvre sa séropositivité : "le monde s'est écroulé, dit-elle. Je croyais que j'allais mourir. Il m'a pourri ma vie", ajoute la jeune femme. Un témoignage poignant qui laisse de marbre l'accusé. Interrogé à son tour, il maintient la thèse du préservatif défectueux mais fini par reconnaître qu'il a produit un faux test négatif. "Pour qu'elle ne me quitte pas", finit-il par avouer à l'issue d'un long interrogatoire de la présidente. Réponse accablante qui colle avec le portrait dressé plus tôt par la psychologue : un homme dans la quête d'un plaisir immédiat sans penser aux conséquences. Un homme immature qui refuse de reconnaître sa responsabilité dans ces contaminations.