Faits divers – Justice

Niort : le quartier de la Butte Saint-André, "ce n'est pas Brooklyn"

Par Clémence Dubois-Texereau, France Bleu Poitou vendredi 13 octobre 2017 à 5:06

Les deux rues où ont eu lieu les interpellations mercredi.
Les deux rues où ont eu lieu les interpellations mercredi. © Radio France - Clémence Dubois-Texereau

Cinq des six personnes interpellées seront présentées en comparution immédiate à Niort ce vendredi pour trafic de stupéfiants et détention d'armes de poing et de munitions. Une vague d'interpellations a eu lieu mercredi dans le quartier de la Butte Saint-André.

Dans le quartier, on refuse de céder à la panique. Des commerçants ont confié : "Ici ce n'est pas Chicago ou Brooklyn". Il n'est pourtant pas évident de délier les langues. Des riverains ont confié s'inquiéter et "savoir ce qui se passe en bas de la rue". En cause : un trafic de cannabis, d'héroïne et de cocaïne dans la rue de Saint-Gelais. D'autres affirment avoir vu des personnes entrer dans un logement pour en ressortir quelques minutes plus tard. Une ambiance pesante à tel point que le quartier est aujourd'hui divisé en deux : le haut contre le bas. Le plateau de la Butte Saint-André contre les rues de Saint-Gelais ou de la Mère Dieu où on eu lieu les interpellations mercredi.

Baisser le prix de la maison d'au moins 20%

Certains, se sentant en insécurité, décident donc de partir. Seul problème : le prix de vente de la maison. "On baisse d'au moins 20%" explique Anthony Vaillier, directeur de l'agence immobilière Square Habitat à Niort. "Quand on le dit à nos clients, certains sont presque au bord des larmes. Mais le bien qu'ils ont acheté n'était certes pas cher, mais avec l'insécurité, la réputation du quartier, on ne peut pas revendre la maison comme ailleurs ni au même prix." Car la réputation n'est pas nouvelle. En six ans à Niort, Anthony Vaillier a très rapidement eu vent de ce qui se disait sur la Butte Saint-André.

Et au-delà du prix il faut aussi faire des concessions sur le délai de vente. "On a des biens en agence qu'on renouvelle pendant deux, trois voire quatre ans" indique-t-il. L'agent immobilier se souvient d'une évaluation de bien faite mercredi dernier dans le quartier : "Le propriétaire m'a dit 'ça va je ne suis pas dans le bas du quartier, ma maison devrait partir rapidement'. Et en six mois il a eu dix visites et son bien n'est toujours pas vendu."

Le coup de filet de mercredi est donc une première étape pour changer la réputation du quartier. Une victoire dont se félicite le maire de Niort Jérôme Baloge, lui qui avoue être "excédé par le trafic dans le quartier". Le maire a déjà annoncé la mise en place de caméras de vidéosurveillance à partir de 2018.