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Faits divers – Justice

Niort. Proximité avérée entre le virus de l'accusé et des victimes

mardi 14 novembre 2017 à 14:00 Par Baudouin Calenge, France Bleu Poitou et France Bleu Touraine

Depuis lundi, un niortais de 42 ans comparait pour avoir volontairement transmis le Sida à trois de ses partenaires à qui il avait caché sa maladie. L'accusé nie toute volonté et parle de contamination accidentelle. Des modes de contamination, il en a justement été question ce matin.

Le professeur de virologie Francis Barin
Le professeur de virologie Francis Barin © Radio France - Baudouin Calenge

Niort, France

Pour cela un expert en virologie a été appelé à la barre. Le professeur Francis Barin (responsable du centre national de référence pour le Sida). Il a analysé le patrimoine génétique des virus de l'accusé et de trois de ses victimes. Ils font tous partie du même sous type, qui plus est plutôt rare. A partir de là, le virologue a mené des analyses complémentaires confirmant que ces virus étaient très proches. "des cousins en quelque sorte" reprend la procureure. "on peut le dire" répond l'expert.

Le préservatif indispensable

"Ces résultats ne prouvent pas d'un point de vue biologique que l'accusé ait contaminé ses partenaires", tient à préciser le professeur Barin. En revanche, ils montrent bien souligné le parquet que l'hypothèse d'une transmission du virus de l'accusé aux plaignantes est compatible ce que confirme le professeur. Autre certitude qui a ébranlé l'une des lignes de défense de l'accusé. La contamination est possible même sans éjaculation. Or, depuis le début de cette affaire, il prétend ne pas avoir pris de risque avec ses partenaires puisqu'il n'éjaculait pas en elles.

L'irresponsabilité de l'accusé à nouveau soulignée

Autre question cruciale évoquée par l'expert, celle du risque de contamination d'un patient qui suit normalement son traitement. A ce sujet, le professeur Barin est formel. Pour lui "le risque de transmission est très faible, voire proche de zéro". En creux, si l'accusé avait suivi sérieusement son traitement dès l'annonce de sa maladie en juin 2003, il n'y aurait sans doute pas eu de victimes aujourd'hui. Or, dans les débats, le manque de sérieux de l'accusé dans la prise de ses médicaments a été évoqué à plusieurs reprises.