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Non, la maison d'arrêt de Guéret n'est pas dans un "état aberrant"

Par Marie Broquerie et Pierre Viaud, France Bleu Creuse vendredi 15 janvier 2016 à 16:54

La maison d'arrêt dans " un état aberrant " ?
La maison d'arrêt dans " un état aberrant " ? © Radio France - Marie Broquerie

Dans un communiqué, publié mercredi, l'OIP (Observatoire International des Prisons) dénonce l' « état aberrant » de l'établissement sur la base d'une pétition de détenus. Un état des lieux largement contesté par le directeur de la maison d'arrêt et par les surveillants.

Surprise à la maison d’arrêt de Guéret, mercredi : un communiqué de l’Observatoire International des Prisons dénonce l’état « aberrant » des lieux, sur la foi d’une pétition de détenus et d’un tract syndical.

L'OIP parle de « vétusté et manque d’hygiène dans les cellules et les toilettes, d'un accès aux douches limité, d'une cour de promenade endommagée, de cabines téléphoniques défaillantes… » L'observatoire s’appuie sur une pétition « signée par la moitié des personnes incarcérées ».

La pétition des détenus date d’octobre

Selon l’OIP, tout est parti d’un article, paru en octobre, dans la presse locale. Le directeur de la maison d'arrêt parlait alors des rénovations qui venaient de se terminer : 1 million d'euros investi sur 4 ans.  « Mensonger » selon les pétitionnaires, repris par l'Observatoire.

Le communiqué de l'OIP faut grincer des dents dès mercredi

Les surveillants ne veulent pas être associés à ce communiqué

« Détenus et surveillants dénoncent » ainsi commence le communiqué. Sauf que les surveillants ne veulent pas être associés à ce qui a été écrit. Pierre Jautard, le secrétaire local de Force Ouvrière, reconnaît qu’une pétition a bien circulé, mais signée seulement par certains détenus... Il s’agirait même « d’un règlement de compte avec la direction » selon le syndicaliste : « des détenus surement pas contents d’être incarcérés à Guéret ».

Le communiqué de l’OIP s’appuie aussi sur un tract d’une organisation syndicale, du Syndicat Pénitentiaire des Surveillants, datant de septembre. Le SPS confirme, aujourd’hui, que l'établissement est « vétuste » mais reconnaît aussi que de nombreux travaux ont été faits sur le dernier trimestre rendant les accusations en partie caduques.

Amalgame entre pétition de détenus et tract syndical

La maison d'arrêt ouvre ses portes

Le directeur de la maison d'arrêt de Guéret, Patrick Vervly, refuse la polémique. Jeudi, il s'engage à ouvrir son établissement à la presse… Ce sera fait dès le lendemain. La visite dure 2 heures, tout est passé en revue : des cellules aux salles communes en passant par les circulations , ces couloirs qui rallient les différentes pièces.

Le constat, après cette "inspection" :

  • toute l'électricité, toutes les peintures ont été refaites à neuf 
  • les fenêtres ont été changées ainsi que les chauffe eau 
  • pas de fuites d'eau constatées ni dans les sanitaires des cellules ni dans les douches communes 
  • les 2 cabines téléphoniques fonctionnent 
  • l'abri inexistant dans la cour de promenade existe bien et peut abriter une petite dizaine de personnes s'il pleut

Le secrétaire FO, Pierre Jautard défend « un outil correct ». Quand il y a un problème dans « tout ce qui est évier/évacuation/des toilettes qui se bouchent, on gère au quotidien : on fait appel au plombier, c'est réglé au coup par coup. »Pour l'accès aux douches, « on se réfère au règlement intérieur. Les jours de douche sont le lundi, mercredi et vendredi matins, ce qui correspond aux jours de parloir. Et pour ce qui est des douches atelier elles sont prises le soir, après le travail. » Il y a aussi une douche dans l'un des 2 ateliers.

Visite des lieux avec le directeur, Patrick Vervly

Un million d’euros de rénovation entre 2011 et 2015

Le directeur admet qu’il y a des points à améliorer, comme la cour de promenade où il y a bien des trous, causés très probablement par des rats. Elle doit être rénovée en 2016, selon le directeur. Il faudra creuser suffisamment profond pour supprimer toutes les galeries existant sous la surface du sol. Le projet est budgété. Les travaux prévoient aussi de rénover intégralement le point d'eau et l'urinoir, hors d'usage, qui se trouvent dans la cour. Un terrain de basket y sera peint.

Les cuisines pourraient aussi, à l'avenir, faire l'objet d'une rénovation. Patrick Vervly pense à les externaliser. Mais le projet n’en est qu’au « stade embryonnaire ». Il veut d'abord en finir avec les derniers travaux de l'établissement.

Enfin, concernant l'exiguïté des cellules, plutôt petites en effet, il n'est pas possible de les agrandir. Les murs de ces cellules sont des murs porteurs, datant de la construction : entre 1835 et 1837. Il n'est donc pas possible d'augmenter la surface au sol, à moins de tout raser pour tout reconstruire.

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