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Normandie : La "Team Eunomie" transmet à la justice cinquante dossiers de pédophiles identifiés sur Internet

Ils traquent les pédophiles sur Internet depuis des mois. Ces citoyens engagés bénévolement dans la lutte contre la pédocriminalité vont transmettre cette semaine aux autorités les informations qu'ils ont rassemblées sur cinquante pédophiles présumés. Et leur travail commence à être reconnu.

Capture d'écran d'une discussion entre un faux profil et un pédophile présumé.
Capture d'écran d'une discussion entre un faux profil et un pédophile présumé.

Ils étaient une dizaine il y a quelques mois, ils sont désormais 37 membres actifs dans la "Team Eunomie". Des pères et des mères de famille résidant en Seine-Maritime et dans l'Eure, qui passent parfois des heures à traquer les pédophiles sur les réseaux sociaux. Parmi eux, Claymore, la mère d'un garçon de 15 ans qui comme beaucoup de ces bénévoles est directement concernée par le sujet. "Mon fils a été approché par un pédophile il y a deux ans" explique la jeune femme. En décembre dernier, elle est donc devenue l'un des "intercepteurs" de la Team. Sur Facebook, elle s'est créé un "fake", un faux profil de gamine de 12 ans et demi fan de mangas qui a très vite attiré les prédateurs. Des adultes, comme ce trentenaire qui lui envoie des messages très explicites, d'autres des photos de leur sexe. "C'est dur parfois quand même" reconnait Claymore, "j'imagine même pas le traumatisme que ça doit être pour une petite fille"

Claymore, comme les autres intercepteurs, fait bien attention à ne jamais provoquer, mais elle recueille ainsi de nombreuses informations sur ces prédateurs sexuels. Shiva, le fondateur de la Team Eunomie, en a identifié 418 dans toute la France et s'apprête à transmettre à la justice des dossiers complets sur 50 d'entre eux. Fiche d'identité, photos et captures d'écrans de discussions. Le protocole est très cadré, et tout est fait dans la légalité. Le  but, c'est d'aider les autorités dans la lutte contre la pédocriminalité. "Nous on n'est pas des policiers" indique Shiva, qui s'est d'abord heurté à la méfiance des gendarmes de son secteur. Aujourd'hui leur point de vue a changé se réjouit ce père de famille de 3 jeunes enfants. "Les gendarmes que j'ai eus au téléphone pour l'un des derniers dossiers qu'on a déposé m'ont dit que ça allait leur faire gagner un temps fou". C'est bien le but de ces citoyens qui souhaiteraient tout de même que les enquêtes aboutissement plus vite. Car en attendant, "ces pédocriminels sont toujours actifs sur les réseaux sociaux" se désole Claymore. 

Ecoutez le reportage de Christine Wurtz

Au Royaume-Uni, ces collectifs de citoyens collaborent régulièrement avec la police. Une interpellation sur deux se ferait grâce à leur travail de veille sur Internet. On n'en est pas là en France, mais les choses avancent "dans le bon sens" reconnait Shiva. Et la Team fait aussi beaucoup de prévention sur sa page Facebook. Elle collabore aussi avec une association "Enfance connectée" pour organiser à la rentrée, elle l'espère, des interventions dans les écoles, les collèges et les lycées.

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