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Normandie : la "Team Eunomie" traque les pédophiles sur les réseaux sociaux

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure), France Bleu

Un père de famille de l'Eure s'est engagé dans la lutte contre la pédophilie sur internet. Il a créé la "Team Eunomie", à l'image de la "Team Moore" active en France depuis avril 2019. L'association traque les pédophiles sur les réseaux sociaux grâce à de faux profils d'adolescentes.

Capture d'écran d'une conversation entre un faux profil et un pédophile présumé.
Capture d'écran d'une conversation entre un faux profil et un pédophile présumé. -

Shiva, c'est son nom d'emprunt, vit dans la Vallée de l'Andelle en dans l'Eure. Il y a quelques mois, il découvre l'association "Team Moore", du nom de ce père de famille français qui vit à la Réunion et qui traque les pédophiles présumés sur internet à l'aide d'un faux profil d'adolescente créé sur Facebook. L'initiative de Steven Moore fait écho à l'histoire personnelle de Shiva qui décide de s'engager lui aussi dans la lutte contre la pédocriminalité sur les réseaux sociaux. En décembre, il créé la "Team Eunomie" en Normandie. Dans la vraie vie, Shiva est un trentenaire père de trois enfants en congé parental, mais sur Facebook : 

Je suis une petite fille de 13 ans qui aime les animaux, faire du vélo, et qui n'est pas du tout intéressée par le sexe. 

Shiva a créé son profil sur Facebook. "Dès le lendemain, j'avais 48 invitations, dont une dizaine de jeunes. Le reste, c'était des personnes de 30, 40, 50 ans et même un homme de 64 ans" raconte Shiva. Pour ne pas tomber sous le coup de la loi, il accepte les demandes d'amis mais n'envoie jamais le premier message et ne provoque jamais les pédophiles présumés : " Ce serait de l'incitation. Quand ils nous font des propositions sexuelles, on fait les ignorants, on ne connait pas, on leur précise bien qu'on a que 13 ans plusieurs fois". 

Capture d'écran d'une conversation entre un faux profil et un pédophile présumé. - Aucun(e)
Capture d'écran d'une conversation entre un faux profil et un pédophile présumé. -

Et les propositions sexuelles arrivent souvent très vite dans la conversation, comme en témoigne Plume, une bénévole de la "Team Moore". "Ils nous demandent si on a déjà vu un sexe, nous demandent des photos tout le temps [...] en brassière et en culotte ou nue" raconte la jeune femme. Plume fait partie des "intercepteurs". Elle transmet des captures d'écrans et des informations sur les pédophiles présumés aux enquêteurs, comme Shiva. La "Team" préfère ce terme à celui de chasseurs. 

C'est eux les chasseurs. C'est eux les prédateurs. Nous on fait juste barrière entre nos enfants et eux.

Ecoutez le témoignage de Plume, l'une des bénévoles de la Team Moore.

Ces bénévoles font très attention à rester dans la légalité. Pas d'incitation, pas de provocation, pas de hacking. D'ailleurs, les pédophiles présumés ne se cachent pas vraiment. "Beaucoup utilisent leur véritable identité sur Facebook" explique Shiva qui n'a pas beaucoup de mal à les identifier. Il a déjà une vingtaine de dossiers complets sous le bras sur des pédophiles présumés en France, dont quatre vivent en Normandie. Mais il a du mal à être pris au sérieux par les autorités. Ses tentatives de signalements n'ont pas été prises en compte.

Une obligation de signalement

Pourtant, la police et la gendarmerie ont l'obligation de prendre en considération ces signalements et de les transmettre à la justice. "C'est un support utile parce que ça nous permet d'obtenir des informations et d'ouvrir une enquête sur des faits dont on n'a pas forcément connaissance" assure le commissaire Nicolas de Golmard, le directeur adjoint de la  sécurité publique de Seine-Maritime. "Mais ils ne faut pas qu'ils fassent le travail à notre place". 

Ces citoyens engagés aimeraient pourtant collaborer plus avant avec les autorités, comme le font les associations et la police en Angleterre depuis 10 ans. En France, depuis 2014, la plateforme PHAROS permet de signaler en ligne les contenus et comportements illicite sur internet. 

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