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Faits divers – Justice DOSSIER : Incendie de Notre-Dame

Notre-Dame de Paris en feu : le Colonel Jérôme Vincent explique la difficile intervention des pompiers

mardi 16 avril 2019 à 13:24 Par Sophie Constanzer, France Bleu Champagne-Ardenne

L'intervention des sapeurs-pompiers de Paris pour venir à bout de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame, a été particulièrement difficile. Plus de 400 hommes ont été mobilisés et pourtant il a fallu attendre les premières heures du jour ce mardi 16 avril pour que le feu soit éteint.

Les badauds assistent impuissants à l'incendie de Notre -Dame de Paris
Les badauds assistent impuissants à l'incendie de Notre -Dame de Paris © Radio France - Alexandre Fremont

Reims, France

L'intervention des sapeurs pompiers de Paris a été particulièrement longue et difficile. Pour mieux comprendre l'action des pompiers, France Bleu Champagne-Ardenne a contacté le Colonel Jérôme Vincent, chef du corps des sapeurs pompiers de la Marne. Il explique les difficultés de cette intervention à la lumière de sa propre expérience.

Expérience d'un incendie à la cathédrale d'Auxerre 

"J'ai malheureusement déjà pratiqué un feu sur une cathédrale. C'était en février 2016, à Auxerre où j'étais en poste. On avait eu un début de feu assez important sur la charpente, au premier niveau de la cathédrale. Heureusement à l'époque, on est intervenu très vite et on avait réussi à circonscrire le sinistre car on s'en était aperçu assez vite. Donc je connais les difficultés, elle sont majeures. On a du combustible extrêmement sec puisque ça fait plusieurs centaines d'années que le bois sèche. La deuxième difficulté évidement, c'est la hauteur. Les grandes échelles ont du mal à arriver en haut de l'édifice. 

On l'a vu, l'incendie a pris très rapidement à Paris, avec un brasier au milieu et une difficulté d'accès. On a toujours du mal à surplomber en quelque sorte le sinistre. Et avec les braises incandescentes et une chaleur extrêmement forte, on a du mal à progresser sur ce qui reste. L'idéal dans un sinistre de ce type là, c'est toujours d'être en hauteur. Mais on n'a pas forcément les engins adaptés à des immeubles de ce type là."

Pourquoi ne pas avoir envoyé des canadairs ? 

Le Colonel Jérôme Vincent répond également à un début de polémique lors de l'intervention : pourquoi ne pas envoyer de moyens aériens? Impossible, répond le chef de corps des sapeurs pompiers de la Marne. "Déjà ça prend un temps important car ils sont basés à Nîmes, il faut les faire venir de là-bas. _Et puis,quand on fait un largage aérien, il n'y a personne autour. Il n'y a ni piéton ni véhicule. Or à Paris, on a 450 pompiers qui sont sur le sinistre, on a des dizaines de policiers et surtout des centaines de badauds qui sont en train d'observer_. Ce n'est pas simple de les faire sortir tous pour ne pas arroser tout le monde de manière brutale. 

Et puis, les spécialistes ont pu le noter, c'est difficile de viser correctement.  On est quand même en ville. Un bombardier d'eau, c'est surtout fait pour aller sur la forêt. Et enfin une telle masse d'eau, ça va de 4000 et 6000 litres qui tomberaient d'un seul coup du ciel, risque de faire des dégâts, d’endommager la voûte notamment, car il faut se rappeler qu'en dessous de la charpente, il y a la voûte en pierre, bien fragilisée. Un bombardement risquerait de nuire à la stabilité de l'édifice."