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Notre-Dame-de-Paris : deux ans après l'incendie, la reconstruction débute sur le site

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Paris

Ces deux dernières années, le chantier a surtout permis de sécuriser l'édifice après l'incendie du 15 avril 2019. La phase de rénovation et de reconstruction a déjà démarré et va s'intensifier dans les mois à venir.

Le chantier des deux dernières années a en grande partie servi à sécuriser la structure.
Le chantier des deux dernières années a en grande partie servi à sécuriser la structure. © Radio France - Adrien Serrière

Dans la foule présente ce soir du 15 avril 2019 autour de l'île de la Cité, les ressentis étaient partagés. Quand certains lançaient des regards attristés vers les flammes qui ravageaient la toiture de la Cathédrale, déjà privée de flèche, d'autres s'interrogeaient déjà : "Pourra-t-on reconstruire ? Comment et en combien de temps ?".

Deux ans après, le chantier a été gigantesque, si bien que la reconstruction à proprement parler n'en est qu'à ses débuts. Jusqu'ici, le chantier a essentiellement servi à consolider les structures et préparer le terrain à un vrai travail de restauration. Les travaux n'ont pas pu se dérouler comme prévu, freinés notamment par la contamination au plomb autour du site ou par l'épidémie de Covid-19, mais aujourd'hui "tout est quasi-sécurisé" se félicite sur France Bleu Paris le recteur de la Cathédrale Mgr Patrick Chauvet.

Découper l’échafaudage calciné

Le soir même et le lendemain de l'incendie, la première priorité a été de sortir au plus vite les reliques et les œuvres d'art restées à l'intérieur de la cathédrale. Après l'inventaire des vestiges, le renforcement de 28 arc-boutants, la pose de filets pour éviter la chute de nouveaux morceaux de voûte, les entreprises présentes ont reçu pour mission de combler les trous dans la charpente. "Pour nous l'une des grosses missions c'était le bâchage complet des zones qui étaient à nu suite à l'incendie", explique Guérin Chatenet, conducteur de travaux principal pour l'entreprise Jarnias, "il a fallu bâcher une surface énorme en un minimum de temps pour tout protéger de la pluie et des intempéries". 

Mais l'un des travaux les plus chronophages a résidé dans l'enlèvement de l'échafaudage, initialement monté dans l'enceinte pour restaurer la flèche. Un travail de fourmi puisqu'il a fallu retirer un par un les quelques 40.000 tubes de métal calcinés, pour un poids de 200 tonnes, dont la moitié à plus de 40 mètres de haut, ce qui "représentait une grave menace pour la cathédrale", estime l'établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. "Les tubes au cœur de l'échafaudage étaient tordus, fondus, il était impossible de savoir ce qui pouvait se passer quand on sciait une barre", poursuit Guérin Chatenet. Au final, l'opération de "dépôt" de l'échafaudage s'est étalée de juin à novembre 2020. 

Le chantier de mise en sécurité de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Le chantier de mise en sécurité de la cathédrale Notre-Dame de Paris. © Maxppp - Alexandre Marchi

Deux chantiers-test dans les chapelles

Le grand orgue symphonique a lui aussi été évacué, mais seulement en partie. Sur les 8000 tuyaux qui composent l'instrument, une trentaine (en plus des tuyaux de façade), est restée sur place, la logistique ne permettant pas de les faire sortir en toute sécurité, tout comme le buffet, socle de l'orgue. Le tout sera ensuite restauré ; comme le détaille l'établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, s'il n'a pas été touché par les flammes, "il a été recouvert de poussières de plomb qui se sont répandues sur l’ensemble de l’instrument et certaines parties ont souffert des variations thermiques subies par la cathédrale depuis l’incendie". 

D'autres trésors de la cathédrale ont été minutieusement mis à l'abri. On parle ici des pièces tombées sur le sol, autant de morceaux de charpente qui représentent "des vestiges" : "chaque élément, que ce soit un petit morceau de pierre, de charbon ou même un clou est considéré comme vestige", détaille le conducteur de travaux principal Guérin Chatenet. "On a un protocole bien particulier d'archéologie où tout est numéroté, trié, classé... c'est vraiment un travail très minutieux". 

Le protocole de restauration des 24 chapelles a également été défini après des chantiers-tests mis en place dans deux d'entre elles (Saint-Ferdinand et Notre-Dame de Guadalupe). Les décors présents dans les chapelles, peu touchés dans l'incendie mais tout de même exposés aux fumées, devront nécessairement passer ensuite par un nettoyage et une restauration globale. 

Renforcer les voûtes, sélectionner les matériaux

L'ultime chantier dans l'étape de sécurisation a démarré en octobre 2020 : la pose dans l'édifice de "demi-cintres", des assemblages de bois pesant près d'une tonne et demi chacun, pour consolider six voûtes localisées dans le chœur. Les travaux devraient durer jusqu'à l'été. En ce milieu du mois d'avril, l'intérieur de l'édifice ressemble à "une forêt d'échafaudages", décrit le recteur de la Cathédrale Mgr Patrick Chauvet, "c'est simple, il y a des échafaudages dans toute la nef, dans le choeur... on a donc un plancher qui nous conduit à un mètre des voûtes !".

Concernant la deuxième étape, celle de la restauration, l'établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris note que "les études préalables à la restauration sont bien avancées". Les études sur les premières pierres jugées "compatibles avec le monument" sont en cours, et pour reconstruire la flèche de Viollet-le-Duc à l'identique, comme l'avait souhaité Emmanuel Macron, les premiers chênes ont été prélevés au début du mois de mars. Il faudra cependant attendre au moins un an pour qu'ils affichent un niveau d'humidité de moins de 30% afin d'être confiés aux charpentiers. "La charpente, qu'on appellait une forêt sera de nouveau une forêt", estime le recteur de la Cathédrale Mgr Patrick Chauvet.

Ces avancées, en plus des quelques 833 millions d'euros de dons récoltés, permettent à l'établissement public d'être plutôt optimiste et de juger que "le calendrier précis des travaux permet de tenir l’objectif de rendre la cathédrale au culte en 2024."

Le chantier de mise en sécurité de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Le chantier de mise en sécurité de la cathédrale Notre-Dame de Paris. © Maxppp - Alexandre Marchi
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