Faits divers – Justice

"Notre maison a été squattée par les Zadistes" : un couple de Vigneux-de-Bretagne témoigne

Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan et France Bleu mardi 5 janvier 2016 à 6:00

Les Zadistes s'opposent aux expropriations et... squattent des maisons
Les Zadistes s'opposent aux expropriations et... squattent des maisons © Maxppp - Franck Dubray

Les riverains de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes font circuler une pétition pour demander son évacuation, que l'aéroport se fasse ou pas. Ils assurent qu'ils ont déjà recueilli 1400 signatures. Nous avons rencontré un couple dont la maison a été squattée plusieurs fois.

Guy et son épouse ont la même crainte à chaque fois qu'ils se rendent dans leur maison ou dans celle de leur fils juste à côté : qu'elles aient, encore une fois, été squattées. Ils n'habitent plus là, leur fils non plus : "il travaille de nuit et, plusieurs fois, des gens sont venus tambouriner à la porte. C'était impossible de rester là avec sa femme et ses deux enfants en bas âge". Alors il est parti. A contre cœur. Il se plaisait bien à Vigneux-de-Bretagne.

Un petit coin de paradis menacé

C'est la même chose pour ses parents. Cet ensemble de maisons, c'est la propriété familiale, achetée par le grand-père à la fin des années soixante ou au début des années soixante-dix. "J'y cultive toujours des céréales. J'ai travaillé dur ici", raconte Guy. "Et j'ai aussi vraiment passé de bons moments".* Avec sa femme, ils adorent l'endroit*. Le calme, la forêt toute proche et l'étang pour aller à la pêche.

Il y avait encore du feu dans la cheminée 

Sauf que ce petit coin de paradis a été sali. "Une violation de domicile, c'est vraiment un viol. C'est dur". A plusieurs reprises, des Zadistes se sont introduits dans leur maison et dans celle de leur fils. "Une fois, ils sont passés par le toit, une autre fois, ils ont carrément cassé le mur de brique avec une masse pour rentrer !" Le trou, béant, est désormais calfeutré par une planche et un gros buffet. Dans l'autre maison, celle de Guy et de sa femme, ils sont passés par la fenêtre. "Quand j'ai voulu entrer, la porte était bloquée par un tas de détritus. Ils étaient là peu de temps avant, il y avait encore du feu dans la cheminée. Ils avaient laissé des bouteilles vides sur la table et de la vaisselle sale. Forcément, on nous a volé la pompe qui sert à amener l'eau jusqu'à la maison !". Dans le frigo, ils avaient laissé des œufs et du fromage.

"Ils étaient encore dans ma maison peu de temps avant que j'arrive" raconte Guy

Les squatteurs sont passés par le toit - Radio France
Les squatteurs sont passés par le toit © Radio France - Marion Fersing

On se sent abandonnés

*L'émotion est grande chez le couple _: "à chaque fois qu'on vient, on se demande ce qu'on va trouver. On en rêve la nuit ! J'ai même été insultée, devant la maison, par des gens cagoulés !" se souvient, amère, la femme de Guy. Et ce qui accentue le problème, c'est qu'*ils se sentent délaissés par les pouvoir publics_. "A chaque fois qu'on écrit, on reçoit une réponse bateau. Et quand on a demandé aux gendarmes s'ils pouvaient nous protéger, on n'a pas eu de réponse".

Alors aujourd'hui, ils ne demandent qu'une chose : que la ZAD soit évacuée, que ce soit ou pas pour construire l'aéroport. La pétition lancée en ce sens a déjà recueilli 1400 signatures.

Le reportage de Marion Fersing à Vigneux-de-Bretagne