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Faits divers – Justice

"Nous sommes tous concernés" disent les policiers de Limoges face à la recrudescence de suicides dans la profession

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Par , France Bleu Limousin

Une soixantaine de fonctionnaires de police se sont rassemblés devant le commissariat de Limoges ce vendredi, en hommage aux 28 collègues qui ont mis fin à leurs jours depuis le début de l'année en France. Eux-mêmes meurtris par un drame récent, ils réclament une meilleure prévention des suicides.

Devant le commissariat de Limoges, une soixantaine de personnes ont rendu hommage à leur 28 collègues qui ont mis fin à leurs jours depuis le début de l'année en France
Devant le commissariat de Limoges, une soixantaine de personnes ont rendu hommage à leur 28 collègues qui ont mis fin à leurs jours depuis le début de l'année en France © Radio France - Nathalie Col

Limoges, France

28 suicides depuis début 2019, 35 l'année précédente, c'est une véritable hécatombe au sein des forces de police et la profession serre les rangs pour tenter d'éviter d'autres drames. Un "moment de recueillement" était ainsi organisé ce vendredi matin à l'appel d'une intersyndicale, devant les commissariats de toute la France. A Limoges, une soixantaine de personnes étaient présentes dont des gradés, ce qui est plutôt rare pour ce genre de rassemblement. Pour le commissaire Emmanuel Richard, directeur par intérim de la sécurité publique en Haute-Vienne il était important de s'y associer  "à double titre, en tant que hiérarchie mais aussi en tant que policier. _De l'adjoint de sécurité au commissaire nous sommes tous concerné par ce phénomène et ces drames._" 

Le commissariat de Limoges a vécu ce drame le mois dernier

Au delà de la solidarité exprimée envers les familles endeuillées, les agents mobilisés ce vendredi matin tenaient à interpeller le ministre de l'intérieur en soulignant l'ampleur du malaise dans la police. A Limoges, ce rassemblement avait d'ailleurs une résonance particulière car un agent de la brigade motorisée s'est donné la mort en mars dernier dans ce commissariat, avec son arme de service. Un événement traumatisant sur lequel ses collègues ne souhaitent pas revenir, par respect. Mais cela renforce l'appel lancé par Laurent Nadeau, secrétaire départemental du syndicat Alliance en Haute-Vienne. "C'est une main tendue à tous les collègues dans la détresse, pour leur dire que nous sommes là, à leur écoute et qu'on peut les aider."

Un sujet toujours tabou et de multiples causes de malaise

Sur le parvis de l'hôtel de police, ils sont toutefois peu nombreux à accepter d'aborder le sujet et les rares à s'exprimer le font de manière anonyme "parce qu'on est déjà suffisamment _attaqués voire menacés de mort sur les réseaux sociaux_" souligne l'un d'eux. C'est d'ailleurs l'une des cause du malaise : une population qu'ils sentent de plus en plus hostile aux forces de l'ordre lors de leurs interventions. A cela s'ajoute un rythme de travail très soutenu, surtout depuis le renforcement du plan Vigipirate suite aux attaques terroristes. Plus récemment, les sollicitations des agents ont aussi redoublé avec la crise sociale autour des gilets jaunes. Tous évoquent leur "fatigue et des temps de repos insuffisants, qui finissent aussi par avoir un impact sur la vie personnelle et familiale." Les syndicats en appellent donc au ministre de l'intérieur Christophe Castaner, qui a promis il y a tout juste une semaine de mettre "les bouchées doubles"en accélérant la mise en oeuvre du plan de lutte et de prévention des suicides lancé en 2018.

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