Faits divers – Justice

Le procès du nouvel an tragique à Dannemarie devant les assises du Haut-Rhin

Par Jules de Kiss et Guillaume Chhum, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass mardi 19 janvier 2016 à 10:56

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Illustration © Maxppp

La nuit du nouvel an 2014 à Dannemarie, dans le Haut-Rhin, un jeune homme de 21 ans poignarde et tue un père de famille après une bagarre qui éclate pour des raisons futiles. Il est jugé à la Cour d'assise de Colmar et risque trente ans de prison pour homicide volontaire.

C’est un meurtre aussi bête que tragique qui survient dans la nuit du 31 décembre 2013 au 1er janvier 2014 à Dannemarie, dans le Haut-Rhin. Jérémy Merlin, 21 ans, est de sortie avec des amis pour fêter le réveillon. Une dispute éclate pour quelques pétards claqués un peu trop près d'un autre groupe, de premiers coups sont échangés entre deux bandes d’une quinzaine de personnes.

La défense conteste l’intention de tuer

Dans la bagarre, la petite amie de Jérémy Merlin agrippe les cheveux d’une fillette de 12 ans, qui va s’en plaindre à des proches. Une deuxième altercation éclate alors, à laquelle prend part Daniel Weber, père de famille de 45 ans. Le ton monte avec Jérémy Merlin, il lui donne un coup de poing. Le jeune homme sort alors un couteau et poignarde Daniel Weber. Le coup est fatal.

Pour ce geste, l'accusé, jugé jusqu'à demain à la Cour d'assise de Colmar, risque 30 ans de prison pour homicide volontaire. Son avocat, maitre David Donat conteste l'intention de tuer de son client : "On conteste l’intention d’homicide, à aucun moment il n’a voulu le blesser mortellement. Son acte s’inscrit dans une certaine crainte, une peur, un acte de défense face à l’agression de sa petite amie, simultanée à sa propre agression".

Apprendre à se parler les uns aux autres

L’avocat des parties civiles Maitre Thierry Moser se désole de cette affaire. Ce meurtre n’aurait selon lui jamais dû avoir lieu. Jérémy Merlin n’avait aucun antécédent judiciaire. "_Vous avez un garçon qui n’est pas malsain, qui n’est pas malhonnête, c’est d’autant plus désolant de constater que quelqu’un d’honorable, de convenable, puisse pour des raisons imbéciles basculer subitement dans un acte criminel" constate le conseil. "Ça donne à réfléchir, il faudrait qu’on apprenne dans notre société actuelle à se parler les uns aux autres_", conclut-il.

Le procès doit s’achever mercredi. Jérémy Merlin risque de passer trente ans en prison s’il est condamné pour homicide volontaire.