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Faits divers – Justice

Carlos Ghosn de nouveau arrêté pour soupçons de malversations financières, garde à vue prolongée jusqu'au 14 avril

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Carlos Ghosn est de nouveau en garde à vue au Japon. L’ex-patron de Renault-Nissan a été interpellé ce jeudi matin chez lui à Tokyo pour de nouveaux soupçons de malversations financières. Le tribunal de Tokyo a autorisé vendredi le maintien en garde à vue de Carlos Ghosn jusqu'au 14 avril, au moins.

L’ex-patron de Renault-Nissan est à nouveau en garde à vue au Japon.
L’ex-patron de Renault-Nissan est à nouveau en garde à vue au Japon. © AFP - Kazuhiro Nogi

Le tribunal de Tokyo a autorisé vendredi le maintien en garde à vue de Carlos Ghosn jusqu'au 14 avril, au lendemain de sa nouvelle arrestation sur de nouveaux soupçons de malversations financières.

Les enquêteurs du bureau des procureurs se sont rendus jeudi matin devant l'immeuble de Carlos Ghosn à Tokyo, la capitale du Japon. Immeuble devant lequel une tenture grise avait été dressée, selon des images diffusées sur les chaînes de télévision japonaises. Une voiture a quitté les lieux moins d'une heure plus tard. Trois hommes en costume sombre et des dizaines de policiers montaient la garde, a constaté un journaliste de l'AFP. 

Carlos Ghosn soupçonné de nouveaux détournements de fond

Déjà sous le coup de trois inculpations pour déclarations inexactes de revenus et pour abus de confiance, Carlos Ghosn avait été libéré le 6 mars moyennant le paiement d'une caution de 8 millions d'euros

Il est à présent soupçonné d'avoir utilisé la réserve du PDG de Nissan pour des transferts d'argent de 28 millions d'euros à un distributeur de véhicules Nissan à Oman, montants dont une partie lui serait revenue indirectement, selon une source proche du dossier. Il l'aurait notamment utilisé ces fonds pour acheter un yacht et investir dans une société dirigée par son fils aux Etats-Unis.

"Pourquoi venir m'arrêter ?"

"Pourquoi venir m'arrêter alors que je n'entravais en rien la procédure en cours, sinon pour me briser ?", a lancé le magnat de l'automobile déchu dans une déclaration transmise à l'AFP. Et d'ajouter: "Je suis innocent de toutes les accusations infondées portées contre moi et des faits qui me sont reprochés". Cette arrestation est "révoltante et arbitraire".

Son avocat Junichiro Hironaka s'est lui aussi insurgé contre de telles méthodes: "Nous ne comprenons pas pourquoi ils ont besoin de le placer en détention. (...) C'est extrêmement injuste". Alerté dès mercredi par des rumeurs de presse, l'homme d'affaires de 65 ans s'était préparé à cette nouvelle arrestation. "Il a enregistré une vidéo résumant son point de vue, document que nous prévoyons de diffuser", a annoncé son avocat.

De "nouveaux éléments" transmis à la justice française

Ce nouveau rebondissement dans un interminable feuilleton, qui s'est ouvert le 19 novembre avec l'arrestation surprise de celui qui était alors le tout-puissant PDG de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, intervient alors même qu'il avait décidé de prendre la parole pour la première fois depuis sa sortie de prison.  

Carlos Ghosn, 65 ans, avait annoncé mercredi via Twitter, de façon impromptue, qu'il prévoyait une conférence de presse le 11 avril.  "Je me tiens prêt à dire la vérité à propos de ce qui se passe. Conférence de presse jeudi 11 avril", avait-il écrit dans un court message sur un compte certifié, qui, selon une porte-parole, est administré par ses avocats.

De "nouveaux éléments", "suffisamment importants" concernant l'enquête interne de Renault sur la gouvernance de son ancien PDG, ont été transmis à la justice française a par ailleurs indiqué le ministre des Finances, Bruno Le Maire sur RMC et BFMTV ce jeudi.