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Faits divers – Justice

Nouvelle plainte déposée après la mort de Zineb Redouane à Marseille

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Par , France Bleu Provence, France Bleu

Une nouvelle plainte déposée par Me Yassine Bouzrou, conseil de quatre des cinq enfants de Zineb Redouane qui se sont portés partie civile, et révélée mercredi par Le Canard enchaîné, fait état des échanges entre la "police des polices" et le chef de la compagnie de CRS présente sur les lieux.

Un rassemblement à Marseille en hommage à Zineb Redouane le 2 mars dernier
Un rassemblement à Marseille en hommage à Zineb Redouane le 2 mars dernier © Maxppp -

Marseille, France

Alors que les proches de Redouane Zineb morte à Marseille (Bouches-du-Rhône) après avoir reçu une grenade lacrymogène en marge d'une manifestation de gilets jaunes en décembre 2018, s'indignent que les enquêteurs ne soient pas parvenus à faire expertiser après le drame les armes de la police, une nouvelle plainte révélée mercredi par le Canard enchaîné, fait état des échanges entre la "police des polices" (IGPN) et le chef de la compagnie de CRS présente sur les lieux le soir du drame.

Le capitaine des CRS refuse de remettre les armes

Dans le cadre d'une information judiciaire, l'IGPN demandait de "neutraliser le fusil Cougar lanceur de grenade MP7 utilisé" afin qu'il soit expertisé, résume ce texte, auquel l'AFP a également pu avoir accès. Mais le capitaine des CRS répond n'avoir pu identifier le tireur et a fortiori le lance-grenades, parmi les cinq dont est doté son unité, et refuse de remettre l'ensemble de ces armes aux enquêteurs, alors que le mouvement des "gilets jaunes" battait son plein, fin 2018.

"Pour ne pas obérer la capacité opérationnelle de l'unité lors de cette période de mouvements revendicatifs intenses, je ne peux me démunir des cinq armes Cougar aux fins d'analyse", justifie-t-il par écrit, selon les plaignants. A leur connaissance, sept mois plus tard, le lance-grenades n'a toujours pas été analysé : "des éléments de preuves indispensables ont ainsi été soustraits à la justice et altérés", regrettent-ils.

Le tireur toujours pas identifié

Mme Redouane est morte à l'hôpital, le 3 décembre 2018, deux jours après avoir été grièvement blessée par une grenade alors qu'elle se trouvait à la fenêtre de son appartement. En bas de son immeuble, de violents incidents avaient éclaté après des manifestations contre l'habitat insalubre, pour le climat, et une autre des "gilets jaunes". Malgré des images de vidéosurveillance, le tireur n'a pas été identifié.

Une enquête dépaysée?

Déterminer la trajectoire du tir s'annonce également central dans l'enquête : les images montrent un tir vers le haut, comme le prescrivent les textes qui prohibent les tirs tendus, mais un expert a estimé lors d'une audition révélée par La Provence que l'angle de tir était de 26 degrés et donc inférieur aux 45° correspondant à un tir en cloche.  L'enquête est en cours de dépaysement, notamment en raison de la présence le soir des faits sur le terrain d'un vice-procureur de Marseille, qui avait été chargé ensuite du début de l'enquête.

Sur France Bleu Provence Maître Yassine Bouzrou accuse aussi le procureur de Marseille et le ministre de l'intérieur Christophe Castaner d'avoir menti lors de la lecture du rapport d'autopsie du corps de Zineb Redouane, lorsqu'ils ont affirmé qu'il n'y avait pas de lien entre le tir de grenade lacrymogène et sa mort. 

Ce qu'a dit le procureur est faux, archi faux il avait sous les yeux un rapport qui indiquait clairement qu'il y avait un lien entre la grenade et la mort de Zineb Redouane - Maître Yassine Bouzrou