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Faits divers – Justice DOSSIER : Les migrants de Calais

Nouvelles violences entre migrants et policiers à Calais

mercredi 11 novembre 2015 à 8:55 Par Eric Turpin et Sophie Morlans, France Bleu Nord et France Bleu

De nouveaux affrontements ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi entre migrants et policiers aux abords du camp de la Jungle à Calais. Mais la nuit a été moins violente que les deux précédentes. L’inquiétude est très vive chez les riverains.

Les migrants se reportent sur l'autoroute pour tenter de gagner l'Angleterre
Les migrants se reportent sur l'autoroute pour tenter de gagner l'Angleterre © Maxppp - Stéphanie Lecocq

De nouveaux heurts se sont produits mardi soir entre les migrants et les forces de l'ordre aux abords de la Jungle à Calais. Les affrontements ont duré une bonne heure avant un retour au calme. C'est la troisième nuit de violence même si elle a été plus calme que les deux précédentes. Aucun policier n'a été blessé.

Mais un cap a été franchi cette semaine. Pour la première fois, les migrants ont pénétré dans les jardins des riverains pour y prendre de quoi bloquer la circulation sur la rocade qui longe le camp de la Jungle. La préfète du Pas-de-Calais a annoncé des mesures pour rendre les policiers plus visibles des riverains exaspérés et terrorisés.

Il nous faut l'armée

Même s'il y a n'a pas eu d'affrontement physique, les riverains qui vivent à quelques mètres des tentes de migrants ont eu très peur. Jets de pierre d'un côté, grenades lacrymogènes de l'autre. La situation est très angoissante.

« Vous croyez que vous arriveriez à rester ici avec des enfants. On n'a plus de sorties, on n'a plus rien. On vit sur le 400 volts », raconte Sandy, une jeune mère de famille, qui a décidé d'aller dormir ailleurs pour cette nuit. « Les enfants ont une peur. Ils voient des messieurs tourner partout autour des maisons. C'est pas possible. Il manque aussi l'armée. Il nous la faut cette armée » .

L'intervention de l'armée, c'est aussi ce que réclame Natacha Bouchard,  la sénatrice maire de Calais. Elle estime que ces débordements  sont orchestrés par des activistes, notamment les militants No Border qui demandent la suppression des frontières. « On est ici vraiment au conflit entre des No Borders et des passeurs qui n'ont aucun intérêt à ce que la problématique des migrants se résolve », explique Natacha Bouchard.

Les migrants se reportent sur l'autoroute

Ce regain de tension ne surprend pas les associations. François Guennoc est l'un des responsables de l'Auberge des migrants, dont les bénévoles interviennent dans la Jungle. Il comprend l'exaspération des riverains. Mais cette escalade de violence ne l'étonne pas. 

« On ne peut pas dire que c'est une surprise. Comme c'est extrêmement difficile de passer par le tunnel,  ça parait assez logique que les migrants se reportent sur l'autoroute et essaient de la bloquer », explique François Guénoque. « La seule façon de passer, c'est de créer un embouteillage pour grimper dans les camions. C'est sans doute ce qui s'est passé. Ils ont bloqué la circulation pour créer un embouteillage ».

François Guennoc, l'un des responsables de l'Auberge des migrants

Les violences sont le fait d'une poignée de migrants. Il sont encore 4 500 à vivre dans la Jungle, selon les chiffres officiels. Les autorités l'assurent : plus aucun migrant ne passe vers l'Angleterre. Mais cela ne dissuade pas les migrants qui continuent d'affluer à Calais pour tenter leur chance.  

Tenter sa chance

« Il fait très froid, c'est sale, tout prêt c'est le danger mais je vais tenter », affirme Idriss Mael, un érythréen arrivé il y a seulement deux jours à Calais. Les associations, comme les policiers, ne croient pas au chiffre annoncé par le gouvernement. 1 500 migrants auraient quitté la Jungle ces derniers jours avec les premiers départs organisés.