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Faits divers – Justice

Bordeaux : pour les parents de Quentin, épileptique, mort noyé, le combat judiciaire continue

jeudi 7 février 2019 à 19:04 Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde et France Bleu

Sept mois après la noyade d'un jeune de 23 ans, épileptique, dans le plan d'eau du Teich, le parquet de Bordeaux vient de classer le dossier sans suite. Les parents de Quentin Ruot contestent et viennent de se constituer parties civiles pour que les investigations continuent.

Henri et Laurence Ruot les parents de Quentin, dans le bureau de leur avocat à Bordeaux, maître Coubris
Henri et Laurence Ruot les parents de Quentin, dans le bureau de leur avocat à Bordeaux, maître Coubris © Radio France - Stéphanie Brossard

Le Teich, France

C'est par un courrier réceptionné le jour de l'anniversaire de leur fils unique, que Laurence et Henri Ruot ont appris que le parquet de Bordeaux venait de refermer l'enquête préliminaire sur la mort de leur fils Quentin, découvert noyé dans le plan d'eau du Teich, le 2 juillet 2018. Incompréhensible selon eux, qui ont donc décidé ce jeudi, de porter plainte avec constitution de parties civiles contre X, pour homicide involontaire, car "ce drame aurait pu être évité, et il faut le démontrer".

Négligences ?

Sept mois après le drame, ils restent persuadés qu'il y a eu une série de négligences et de manquements à la sécurité de la part de l'IEM de Talence, où Quentin était pris en charge depuis trois ans, justement parce qu'il était épileptique. "Une épilepsie silencieuse" comme le raconte leur avocat maître Coubris. "Ces crises se manifestent par des absences, des pertes de connaissance, d'un coup, sans signe avant-coureurs. C'est pour ça que ses parents l'avaient placé sous la responsabilité, durant la semaine, de l'Institut d'Education Motrice (spécialisé dans la prise en charge de handicapé) à Talence".

Quentin adorait nager. Il "nageait très bien d'ailleurs" et pouvait s'adonner à sa passion "à condition d'être surveillé constamment" rappelle sa maman. "Sans surveillance dans l'eau, on savait que ce pouvait être la loterie. On le savait. Et l'IEM de Talence le savait. Et c'est ce qui s'est produit le 2 juillet".

"Trahis"

Ce jour-là, pour aller au plan d'eau du Teich, "il y avait cinq éducatrices pour encadrer dix jeunes handicapés dont Quentin, qu'elles ont manifestement laissé seul..." Autre négligence relevée par leur avocat : "Un des deux maîtres nageurs sauveteurs du Teich s'étant blessé le matin même, la baignade n'était plus surveillée et un panneau l'indiquait justement ! L'IEM aurait dû faire demi-tour et annuler la sortie."

"Les éducatrices ont oublié, et même pas imaginé que Quentin pouvait faire une crise dans l'eau ce jour-là. Vous vous rendez compte ? Oui, on se sent trahis par une institution qui nous avait dit qu'on pouvait lui faire confiance". Laurence et Henri Ruot se disent aujourd'hui "révoltés que la justice ait classé le dossier" mais veulent "poursuivre le combat" pour ne pas que de tels drames se reproduisent, pour que des leçons soient tirées "même si ça ne nous redonnera pas notre fils".