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Faits divers – Justice

Noyade d'une policière dans la Seine : l'unsa-Police dénonce de graves dysfonctionnements

mercredi 25 avril 2018 à 16:47 Par Martine Bréson, France Bleu Paris

Après le décès d'une policière de la brigade fluviale de Paris en janvier 2018, le syndicat unsa-Police, qui a pu voir des documents, pointe du doigt des gros dysfonctionnements. Il y a eu de mauvaises décisions et du matériel défectueux, précise Nicolas Pucheu, secrétaire départemental unsa-Police.

Brigade fluviale de Paris.
Brigade fluviale de Paris. © Maxppp - OLIVIER BOITET

Paris, France

En janvier 2018, Amandine, 27 ans, policière de la brigade fluviale de Paris, s'est noyée dans la Seine au cours d'un exercice.

"Un ensemble de mauvaises décisions et de dysfonctionnements ont conduit à ce drame", estime ce mercredi, au micro d'Isabelle Piroux de France Bleu Paris, Nicolas Pucheu, secrétaire départemental adjoint de l'unsa-Police dont la jeune femme était adhérente. 

Le parquet de Paris a ouvert au mois de février une enquête pour homicide involontaire. La famille d'Amandine a déposé une plainte avec constitution de partie civile.

Le syndicat unsa-Police s'est rapidement penché sur cette affaire. Il a pu consulter des documents. Ce mercredi, il met en cause principalement la formation donnée aux plongeurs et le matériel qu'il juge de mauvaise qualité.

Que s'est-il passé ?

Nicolas Pucheu explique qu'Amandine avait son diplôme de plongée sous-marine depuis trois semaines seulement. Le 5 janvier 2018, alors que la Seine est en crue, elle participe près de l'Ile de la Cité à un exercice sur le fleuve. Accrochée à un filin de sécurité d'une quinzaine de mètres, une "ligne de vie", elle plonge avec une bouteille sur le dos et du plomb à la ceinture. 

Elle se retrouve en difficulté et un collègue tente de la secourir. Mais il plonge sans bouteille, indique Nicolas Pucheu. Lui aussi, se retrouve en difficulté. Pour les secourir, il faut lâcher la ligne de vie qui relie Amandine au zodiac. Le gilet  d'Amandine ne se gonfle pas, la jeune femme est entraînée vers le fond. Quand le bateau arrive, le plongeur pourra être remonté mais Amandine a coulé. Emportée par les eaux du fleuve, son corps ne sera jamais retrouvé. 

Fallait-il faire cet exercice en période de crue ?

L'unsa-Police pense que "cet exercice aurait pu être différé". Ce jour-là, le débit de la Seine était extrêmement important, souligne Nicolas Pucheu et "les conditions de cet entrainement était clairement défavorable surtout pour une jeune collègue comme Amandine qui était diplômée, depuis trois semaines, de plongée sous-marine". 

Du matériel au rabais ?

L'unsa-Police souligne un "manque flagrant de formations et de matériels". Le gilet d'Amandine était défectueux, indique Nicolas Pucheu, car il n'a pas pu être déclenché par le collègue venu au secours d'Amandine. "Au lieu d'acheter du matériel digne de ce nom pour une unité spécialisée comme la brigade fluviale, on fait des appels d'offres et on achète du matériel au rabais", dénonce-t-il.  

Un diplôme de plongée à revoir ?

Nicolas Pucheu précise aussi que le diplôme de plongée sous-marine, dont sont titulaires les moniteurs de la brigade fluviale, est un diplôme "qui n'est reconnu nulle part en dehors de la police nationale. Les pompiers et les gendarmes ne le reconnaissent pas", dit-il et "on s'interroge sur la qualité de ce diplôme et sur les enseignements qui sont dispensés". Certains policiers de la brigade fluviale ont un diplôme d'Etat car ils sont plongeurs dans le civil, précise le syndicaliste qui affirme que, pour ce diplôme-là, le niveau d'exigence est beaucoup plus fort. 

Un protocole qui n'a pas été respecté ?

"Les décisions qui ont été prises l'ont été en dépit du bons sens", affirme Nicolas Pucheu. Il indique que le collègue qui s'est porté au secours d'Amandine a plongé sans sa bouteille contrairement à ce que prévoit le protocole. "Il est parti à l'eau sans matériel adéquat, simplement avec masque, tuba et palmes". 

"Perdre la vie à 27 ans sur un entrainement, c'est inacceptable - Nicolas Pucheu

Nicolas Pucheu affirme qu'il ne dénonce pas "des responsabilités individuelles mais un ensemble de dysfonctionnements". Ce qu'il souhaite aujourd'hui c'est que toute la lumière soit faite de manière à ce que "jamais un tel drame ne se reproduise. Perdre la vie à 27 ans sur un entrainement c'est quelque chose qui est inacceptable et pas entendable pour nous", conclut-il. 

Du côté de la préfecture de police, le service de presse ne commente pas car, dit-il, "deux enquêtes sont en cours".