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Faits divers – Justice

Obsèques du maire de Signes - Drapeaux en berne en Pays de Savoie : "Les maires sont insultés et menacés de mort !"

Le maire du Biot (Haute-Savoie) et le maire délégué d'Albens (Savoie) sont très choqués par la mort du collègue du Var, écrasé en voulant interdire une décharge sauvage. Ils racontent. Bras d'honneur, injures, menaces de mort et même un administré qui essaie d'écraser un élu.

Claude Giroud le maire délégué d'Albens
Claude Giroud le maire délégué d'Albens © Radio France - Christophe Van Veen

Alors que les obsèques du maire de Signes dans le Var sont organisées ce vendredi matin à 10 heures, les élus des Pays de Savoie rendent hommage à Jean-Mathieu Michel, 76 ans, mort lundi après avoir été renversé par une camionnette. Les drapeaux des mairies seront en berne dans beaucoup de communes de Savoie et Haute-Savoie aujourd'hui vendredi (à la demande de l'association des maires de France).

Renversé deux fois par la voiture d'un administré en colère

Insultes, menaces, agressions physiques... le maire du Biot en Haute-Savoie, a connu une histoire similaire pour des histoires de déchets sauvages, il y a quelques années. "J'avais pris un arrêté pour sécuriser la route. Ça n'a pas plu à un résident qui m'a renversé deux fois avec son véhicule. Cela s'est fini au tribunal. Il a été rappelé à l'ordre avec trois mois de prison avec sursis, c'est tout !"

En 2014, toujours au Biot, un adjoint a été pris au collet par un administré mécontent des ralentisseurs installés dans la commune.

Henri-Victor Tournier a beau avoir 67 ans et le cuir bien tanné, il estime que les limites sont dépassées : "Nous les élus, on ramasse beaucoup. Du style : "On va faire ta fête !" C'est toujours la faute du maire. On n'est pas assez soutenus. Y en a ras-le-bol !"

"J'ai eu droit à "On te fera la peau aux élections !" Des bras d'honneur.  Y en a ras-le bol ! " - Henri-Victor Tournier maire du Biot 

Menaces de mort et bras d'honneur

Quand nous avons joint cet élu, il venait de "se faire engueuler" dix minutes avant par un administré à cause d'un arrêté pour la circulation dans les chemins communaux en montagne. 

Il y a trois semaines, il agit comme Jean-Matthieu Michel, le maire du Var. Henri-Victor Tournier interdit à un artisan de jeter sa cargaison, des charpentes, dans le bois communal. " Et là, j'ai droit au bras d'honneur et à "On te fera la peau en mars !" Mars, c'est-à-dire les élections municipales ! Il y a de l'incivisme partout. Même avec les chasseurs, j'entends : "On t'aura !" Ça veut dire quoi ? J'ai plus le droit d'aller aux champignons le dimanche matin ?"

Des menaces jusque sur le lieu de travail

Claude Giroud est le maire délégué d'Albens en Savoie (6000 habitants), maire depuis 1977 ! Il est aussi président de l'association des maires de l'arrondissement de Chambéry, il a appelé ses collègues à mettre les drapeaux en berne devant les mairies juste après le drame de Signes. "J'ai réagi avec stupeur. Nous sommes de plus en plus agressés verbalement et physiquement. Les gens viennent à nos permanences , et parfois même sur nos lieux de travail. Et là, on doit résoudre tous leurs problèmes : problèmes conjugaux, problèmes de voisinage, problèmes professionnels... et quand on doit leur dire non, pour un terrain constructible par exemple, ça devient très agressif. On est inquiets. On se demande toujours comment va se comporter dans les jours qui suivent celui qui a refusé de vous serrer la main. On a peur pour les autres élus, pour nos familles."

Claude Giroud, 72 ans, estime que "le boulot de maire est plus difficile qu'avant car les contraintes administratives se sont multipliées et complexifiées, elles sont moins comprises par les citoyens et nous, nous sommes en première ligne. La personne pense qu'on a refusé pour un problème personnel, alors que c'est administratif. Tout le monde veut tout tout de suite. C'est le règne de l'égoïsme. Et on a aussi affaire avec une poignée d'excités de toutes les générations, pas seulement les jeunes. "

Claude Giroud n'a pas encore décidé s'il se représentait l'an prochain à la mairie déléguée. Un choix personnel et d'équipe , qui n'est pas lié au contexte actuel. Mais il espère une prise de conscience collective sur les dérapages qui se multiplient.