Faits divers – Justice DOSSIER : Euro 2016 de football

Dérapage incontrôlé à l'OM à neuf mois de l'Euro 2016

Par Marion Bernard et Tony Selliez, France Bleu Provence et France Bleu lundi 21 septembre 2015 à 17:08

Effectifs de sécurité renforcés aux abords des virages, lors du match OM-OL
Effectifs de sécurité renforcés aux abords des virages, lors du match OM-OL © Max PPP - Vallauri Nicolas

Après le match sous tension entre Marseille et Lyon dimanche soir sur la pelouse du stade Vélodrome, les incidents provoqués par les supporters marseillais ont déclenché ce lundi la colère du ministre des Sports, mais aussi celle de la Ligue de football professionnel.

Le ministre des Sports est "choqué et furieux": Patrick Kanner a mesuré, dès la fin de la rencontre houleuse OM-OL dimanche soir au Vélodrome, les conséquences sur la prochaine tenue de l'Euro 2016.

Une image déplorable

"Je suis trop au fait des candidatures françaises à de grands événements sportifs pour ne pas mesurer l'impact déplorable que ces images auront sur celle de la France", a-t-il souligné, à neuf mois de l'événement prévu entre le 10 juin et le 10 juillet 2016 prochain à Marseille. "Je suis furieux contre les responsables des forces de sécurité du Vélodrome qui ont permis l'accès à ces supporteurs armés de bouteilles de verre", a -t-il poursuivi, également "furieux des propos de M. Labrune qui a minoré ces incidents et fait porter la responsabilité à l'arbitrage."

"On n'a pas besoin de ça avant l'Euro-2016, pendant la candidature de Paris aux JO-2024 qui se veut nickel sur le plan de l'éthique. Ces images vont circuler dans le monde entier, des membres du CIO vont les voir, c'est déplorable." (Patrick Kanner, ministre des Sports)

Les images de ce dimanche soir sur la pelouse du Vélodrome ont fait mal : projectiles ou bouteilles en verre jetés des tribunes sur les joueurs, un pantin à l'effigie de Mathieu Valbuena, ex-Marseillais qui joue désormais à l'OL, pendu à une potence pendant toute la durée du match, mais aussi des tee-shirts avec son nom brûlés devant le stade. 

Sans compter l'interruption de jeu de 20 minutes réclamée par l'arbitre pour pour faire cesser les débordements, ou encore Mathieu Valbuena contraint de tirer un corner sous la protection de plusieurs personnes.

Des amendes pour la direction de l'OM ?

A la LFP aussi, la rencontre marque un tournant : Frédéric Thiriez, le président avait convoqué ce lundi une réunion d'urgence, et souhaite aider l'OM à reprendre, "avec les pouvoirs publics, le contrôle de son public (...) et de ses virages"

"Dès jeudi, la commission de discipline de la LFP travaillera sur les incidents de ce week-end." (Frédéric Thiriez, président de la LFP)

Plusieurs types de sanctions possibles : match à huis clos, suspension de terrain, ou encore de grosses amendes pour les dirigeants du club.  Mais malgré tout, les propos d'après-match tenus par Vincent Labrune ont fait grincer des dents la Fédération française de football (FFF) : après une soirée d'incidents sur la pelouse, le président Olympien a osé un rapprochement entre les débordements des supporters et l'arbitrage de cette soirée, qu'il juge défavorable à l'OM.

"Je constate que factuellement (l'arbitrage) c'est toujours, toujours dans le même sens." (Vincent Labrune, président de l'OM)

Échange d'amabilités

Ce lundi, Vincent Labrune a tenu à faire une mise au point, sur le site du club,  sur les prochaines mesures de sécurité adoptées pour chaque match, en précisant que l'OM "prendrait ses responsabilités" :  palpations renforcées lors des accès au stade, réunion avec les responsables des groupes de supporters, et surtout installations de filets de sécurité aux abords des virages. 

Pas sûr que cela réussisse à faire baisser la tension et à redorer le blason des supporters marseillais. Dimanche soir, à l'issue de la rencontre, mais devant micros et caméras, le jugement de Jean-Michel Aulas, le président de l'OL, a été sans appel :  

"Les propos de Vincent Labrune sont irresponsables, pour moi c'est un guignol et je pense qu'il ne fera pas de vieux os dans le football." (Jean-Michel Aulas, président de l'Olympique Lyonnais)

Même l'entraîneur du PSG, Laurent Blanc, a appelé à la fermeté sur ce qui a été, selon lui et malgré les incidents, un bon match de football : "Le seul problème, c'est qu'il y a eu des dérapages, ce n'est pas la première fois. Il faut vraiment prendre les décisions adéquates pour éradiquer cela, il faut être très sévère. (...) Ne croyons pas que ça se passe juste à Marseille, non ça se passe sur d'autres terrains de foot", a ajouté l'ancien défenseur de l'équipe de France.