Faits divers – Justice

Opération Sentinelle en Alsace : entre inquiétude et lassitude des forces de l'ordre

Par Céline Rousseau, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass jeudi 14 janvier 2016 à 18:36

L'opération sentinelle dure depuis plus d'un an en France
L'opération sentinelle dure depuis plus d'un an en France © Maxppp

Depuis les attentats à Paris en janvier dernier, les policiers, les gendarmes et les militaires sont mobilisés en France par l'opération Sentinelle. En Alsace, des voix s'élèvent pour dénoncer une grande lassitude et un manque de moyens.

L'opération Sentinelle a démarré le 12 janvier 2015 en France, quelques jours après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes. Depuis quelques 5.000 policiers et gendarmes, 10.000 militaires (dont 6.000 en Ile de France) sont mobilisés.

A Strasbourg, 200 soldats sont sur le pont. On les voit quotidiennement ou presque dans les rues des villes, en patrouille ou statiques, ils sécurisent les sites sensibles (lieux de culte, bâtiments officiels, grands magasins, écoles) contre la menace terroriste. Depuis les attaques contre les terrasses et le Bataclan à Paris, l'opération a été renforcée, notamment lors du marché de Noël de Strasbourg.

"Un citoyen lambda devient un ennemi potentiel"

Mais dans l'armée et la police, des voix s'élèvent pour dénoncer un manque de moyens, une grande lassitude et de la peur. Les agents sur le terrain sont très exposés à la menace terroriste. "Nous sommes une cible pour les terroristes", explique Saïd Boussour, secrétaire départemental du syndicat de policiers Alliance dans le Haut-Rhin. "Les fonctionnaires ne savent pas d'où la menace peut venir. Un citoyen lambda devient un ennemi potentiel. On a peur que l'un de nos hommes soient tués", raconte ce policier alsacien.  

"On aura aucune chance en cas d'attaque terroriste"

Les douaniers aussi expriment leurs craintes. Ils ne font pas partie de l'opération Sentinelle mais sont mobilisés aux frontières dans le cadre de l'état d'urgence. Ils s'estiment sous-équipés pour faire face à des djihadistes. "On se sent démunis", explique Stéphane Ledien, secrétaire national et interrégional de l'UNSA Douanes en Alsace. "Si on rencontre des mecs armés de kalachnikovs, on n'a pas les moyens de riposter. Nos gilets par balle suffisent à peine à arrêter un calibre de 9 mm, donc on aurait aucune chance en cas d'attaque".**

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