Faits divers – Justice

A Orléans, un boa sur le dance-floor

Par Eric Normand et Christophe Dupuy, France Bleu Orléans et France Bleu lundi 5 septembre 2016 à 18:25 Mis à jour le lundi 5 septembre 2016 à 20:59

Le boa constrictor faisait le tour des discothèques du Loiret
Le boa constrictor faisait le tour des discothèques du Loiret © Maxppp - H.Schmidbauer

C’est une affaire bien singulière qui a été jugée ce lundi devant le tribunal correctionnel d’Orléans. Le prévenu, un Orléanais d’une vingtaine d’années, était poursuivi pour se donner en spectacle... avec un serpent !

Les tribunaux doivent parfois juger des affaires quelque peu hors du commun. Le prévenu était poursuivi ce lundi pour "exploitation d'établissement pour animaux non-domestiques sans certificat de capacité", "ouverture non autorisée d'établissement présentant au public des animaux non-domestiques" et "mauvais traitement envers un animal placé sous sa garde par l'exploitant d'un établissement détenant des animaux domestiques, sauvages, apprivoisés ou tenus en captivité."

Mais ce n'est pas n'importe quel animal, il s'agit d'un serpent ! Et pas n'importe quel serpent : un boa constrictor de 2.70 mètres de long ! Avec le reptile, cet Orléanais âgé de 25 ans, écume les discothèques du Loiret, où il propose un show exhibition facturé 450 euros, selon ses dépliants publicitaires. Il le fait sans autorisation, sans certificat de capacité et dans des conditions pour le moins scabreuses.

Le prévenu vend aux discothèques un spectacle avec son boa

L’animal est posé sur les épaules des clients afin de prendre des photos, sa gueule est simplement entourée d’un vulgaire scotch. De quoi bloquer les récepteurs sensoriels du serpent dans "l’ambiance stressante et moite des night-clubs", rajoute le président du tribunal. Cela peut provoquer un étouffement par réaction de défense. Le risque sanitaire est grand également, le boa peut transporter des salmonelles qui peuvent s’avérer mortelles.

Non sans humour, le procureur indique que le prévenu dénommé Toupet ne "manque pas d’audace." L'homme était d'ailleurs absent à l’audience.

Reste la question épineuse de la saisie de l’animal

Faut-il le confier comme récemment des ratons laveurs ou des tigres au Zoo de Beauval ? Ou faut-il le laisser à son propriétaire passionné de reptiles ? Le tribunal a quelques jours pour répondre. Le procureur a requis trois mois de prison avec sursis. Le jugement a été mis en délibéré au 10 octobre prochain.

Les explications de Christophe Dupuy