Faits divers – Justice

Orne : un médecin suspendu après la mort d'un bébé de 5 mois

Par Nolwenn Le Jeune, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu mardi 11 octobre 2016 à 16:14

Le médecin assurait une garde pour le SAMU de l'Orne le 5 mai 2015
Le médecin assurait une garde pour le SAMU de l'Orne le 5 mai 2015 © Radio France - Gilles Halais

Un médecin ornais a été suspendu pour 6 mois par le conseil régional de l'ordre. Décision rendue le 30 septembre 2016. Lors d'une nuit de garde au SAMU, il n'avait pas suffisamment questionné une mère qui appelait pour son bébé de 5 mois. L'enfant était mort quelques semaines plus tard.

Un médecin généraliste de la Ferté Macé dans l'Orne suspendu par ses pairs pour 6 mois. Le conseil régional de l'ordre lui reproche un interrogatoire "pas assez minutieux", dans la nuit du 4 au 5 mai 2015, alors qu'il assurait une garde pour le SAMU de l'Orne. Une mère de famille avait appelé pour son bébé. L'enfant était mort fin juin.

Le médecin se montre hésitant concernant la prescription... parle d'une cuillère à soupe de Doliprane, puis une cuillère à café, puis une et demi, puis deux...

Dans la nuit du 4 au 5 mai 2015, une mère appelle le 15. Son bébé de 5 mois est brûlant. Il a 40 de fièvre et sa respiration est rapide. On lui passe le médecin de garde, un médecin généraliste, praticien à l'hôpital de la Ferté Macé. Les enregistrement de la conversation téléphonique révèlent qu'il se borne à conseiller la prise de Doliprane, un bain tiède et le transfert aux urgences si la fièvre persiste. Aucune question en revanche sur les antécédents de l'enfant, notamment sur le fait que le bébé est né prématuré à 35 semaines, qu'un rappel de vaccin a été fait la veille et qu'un souffle cardiaque a été diagnostiqué à cette occasion. Concernant la prescription en elle même, le médecin se montre hésitant, parle d'une cuillère à soupe, puis à café, puis une et demi, puis deux.

Des manquements graves aux obligations déontologiques

Hospitalisé dans un état comateux l'après midi qui suit, le bébé meurt fin juin 2015. Les parents portent plainte. Mais le parquet classe sans suite. L'agence régionale de santé intente elle une action disciplinaire contre le médecin. Dans sa décision rendue le 30 septembre 2016, le conseil régional de l'ordre estime que compte tenu de l'interrogatoire très insuffisant de la mère, le médecin n'a pas été à même de porter un diagnostic pertinent de l'urgence. Le conseil reproche également la prescription approximative du médicament et l'absence de suivi médical. Il conclut que le médecin a manqué gravement à ses obligations déontologiques, et le suspend pour une durée d'un an, dont la moitié avec sursis. Le praticien peut faire appel de la décision devant le conseil national de l'ordre.

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