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L'acquittement dans l'affaire du corps retrouvé 16 ans après dans le Calvados

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)
Saint-Martin-des-Besaces, France

La cour d'assises du Calvados a finalement acquitté une femme de 60 ans poursuivie pour recel de cadavre : celui de sa sœur cadette mystérieusement disparue en 1998 et dont le corps n'a été découvert qu'en 2014, dans le jardin de son ancienne maison à Saint Martin des Besaces dans le Calvados.

L'accusée a fait un malaise après l'annonce de son acquittement. Elle a dû être prise en charge par les policiers à l'audience (photo), puis les pompiers qui sont venus l'évacuer.
L'accusée a fait un malaise après l'annonce de son acquittement. Elle a dû être prise en charge par les policiers à l'audience (photo), puis les pompiers qui sont venus l'évacuer. © Radio France - Nolwenn Le JEune

L’accusée était seule à comparaître, les faits de meurtre étant prescrits. Elle a été jugée pendant deux jours pour un délit connexe, celui de recel de cadavre. Mais la cour d'assises du Calvados, qui siégeait sans jurés étant donné la particularité juridique du dossier, a estimé que l'infraction n'était pas constituée. Point d'orgue de cette affaire hors norme, à  l'énoncé du verdict, l'accusée a fait un malaise.

Le témoignage à charge se dégonfle à l'audience

Sous le coup d’une trop forte émotion, elle a dû être évacuée par les pompiers. Quand elle a entendu qu’elle était acquittée, faute d’élément matériel pour qualifier le recel de cadavre. Le seul témoignage à charge, c’était celui de son neveu, le fils de la victime, qui avait raconté à l'époque avoir vu sa tante "une nuit pousser une brouette dans la cour de la maison". Il n'avait que huit ans, et 22 ans après, il ne se sait plus si c’est quelque chose qu’il a réellement vu ou qu’on lui aurait raconté.

La non dénonciation de crime est prescrite

L’accusée connaissait pourtant le lieu précis où était enterrée sa sœur puisqu’elle l’a indiqué aux enquêteurs et qu'"au premier coup de pelle, raconte le major Jean Marc Hayes de la section de recherche de la gendarmerie de Caen, on est tombé sur les ossements".  Elle aurait donc pu être poursuivie pour non dénonciation de crime, puisqu'elle avait recueilli les confidences de son amant. Un homme qui a partagé successivement la vie des deux sœurs et qui était le principal suspect mais qui ne sera jamais inquiété puisque le meurtre découvert trop tard a été prescrit. "Mais la non dénonciation de crime était également prescrite" a expliqué la présidente de la cour d’assises, Jeanne Chéenne.

Des aveux obtenus grâce au détecteur de mensonges au Canada

L’accusée repart donc libre et blanchie, avec l’espoir de revoir ses enfants qu’elle a dû laisser au canada où elle vivait et dont elle a été expulsée en 2014 après ses aveux. Ce verdict, s'il ne fait pas l'objet d'un appel*, vient donc clore une affaire hors norme. Il y a été question de détecteur de mensonge, utilisé par les enquêteurs canadiens, d’un homme qui partageait la vie de deux sœurs, d’un cadavre "enterré face contre terre les mains dans le dos sous 38 centimètres de glaise dans de la chaux". On ne saura finalement jamais qui est le meurtrier puisque les faits sont prescrits. Mais l’obstination des enquêteurs et ce procès auront permis d’évoquer la mémoire d’une femme dont la disparition n’avait inquiété personne pendant plus de 10 ans. 

Eric Gaillard, avocat de l'accusée, a obtenu son acquittement et il estime que la justice sort grandie de cette affaire hors norme.
Eric Gaillard, avocat de l'accusée, a obtenu son acquittement et il estime que la justice sort grandie de cette affaire hors norme. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

La réaction de l'avocat de la défense : "la justice sort grandie de cette affaire"

* Les parties ont dix jours pour faire appel.

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