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Dossier : Les affaires Fourniret

"On oublie jamais vraiment" : 17 ans après l'affaire Estelle Mouzin, Guermantes reste un village traumatisé

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Michel Fourniret était convoqué à Guermantes (Seine-et-Marne) avec son ex-femme Monique Olivier, ce jeudi, pour une reconstitution sur les lieux où Estelle Mouzin a disparu. Sur place, les habitants sont toujours très marqués par ce qu'il s'est passé il y a 17 ans.

La commune de Guermantes, en Seine-et-Marne.
La commune de Guermantes, en Seine-et-Marne. © Maxppp - Alexandre Métivier

Alors que la juge d'instruction Sabine Khéris a convoqué ce jeudi à Guermantes (Seine-et-Marne) Michel Fourniret et son ex-femme Monique Olivier, sur les lieux où le tueur en série est accusé d'avoir kidnappé en 2003 Estelle Mouzin, alors âgée de 9 ans, avant de la séquestrer puis de la tuer, ici, dans ce petit village de 1 000 âmes, tout le monde pense à la fillette. Monique Oliver a confirmé "l'implication" du tueur en série dans la disparition, a indiqué l'avocat du père de la fillette, à l'issue d'une reconstitution de six heures.

"Tout le monde le sait, tout le monde y pense"

Ceux qui l'ont connue, comme Déborah : "Mes parents aussi habitent ici, on connaissait la famille d'Estelle, ils ont même participé aux battues au lendemain de sa disparition, on oublie jamais vraiment", affirme la jeune maman. Mais aussi ceux qui sont arrivés là bien plus tard. C'est le cas de Marc-Antoine et Sandra, qui tiennent un garage et une boutique dans le centre-ville. "C'est dans la tête des gens et par la force des choses, dans la nôtre", explique le gérant. 

On s'est installés ici en 2009, moi mes enfants étaient encore petits et la première fois qu'ils sont allés chercher le pain à la boulangerie, pourtant six ans après, je n'étais pas sereine - Sandra, habitante de Guermantes

Habitudes bouleversées

La disparition d'Estelle a bouleversé le quotidien des Guermantais et des Conchois, le village collé à Guermantes. "Depuis des années, on ne vit plus comme il y a 40 ans", souligne Sylvie, qui est arrivée dans la commune en 1998. "J'ai une fille de 26 ans et une autre de 10 ans, elles n'ont pas eu une enfance comme celle des autres enfants. La grande aujourd'hui peut sortir mais la petite est toujours interdite de tout, je ne la laisse jamais faire quelque chose toute seule". 

Des habitudes adoptées aussi par les nouveaux arrivants, comme Sophie, installée depuis 6 ans dans le village, qui a mis en place un système de mot de passe, pour ses deux filles.

Si quelqu'un vient les chercher à l'école, il faut qu'il dise le mot de passe. Sinon, elles ont la consigne de ne pas suivre la personne et de partir dans le sens inverse - Sophie, une Conchoise 

Hypervigilance

A Guermantes, pas ou très peu d'enfants sont seuls dans les rues. "On a développé une hypervigilance, pour nos propres enfants mais aussi pour ceux des autres", explique Céline, arrivée il y a 4 ans. "Là où dans un autre village, ça serait sûrement anodin de laisser nos enfants jouer tous seuls, ici, ce n'est pas le cas", affirme Marc-Antoine. 

Hypervigilance, habitudes bouleversées et douleur aussi, souffrance, qui reste. "Chaque année, ça revient, et ça nous traumatise", souffle un couple de retraités.

J'ai été la maîtresse de la sœur d'Estelle à l'école, je connaissais très bien la petite, et aujourd'hui, même 17 ans après, j'ai le coeur gros, elle aurait eu 26 ans cette année, il n'y a pas une seule journée sans laquelle j'y pense - Une Guermantaise

L'ogre des Ardennes, mis en examen pour séquestration suivi de mort, a fini par avouer sa responsabilité dans l'affaire en mars. quelques mois après que son ex-femme ait fait tomber son alibi et l'ait accusé d'avoir enlevé, séquestré, violé et tué la fillette. 

L'ADN partiel d'Estelle Mouzin a été retrouvé à deux endroits sur un matelas, saisi dans une des maisons du tueur, à Ville-sur-Lumes dans les Ardennes, où malgré d'importantes fouilles menées fin juin 2020, le corps de l'enfant n'a toujours pas été retrouvé

Et c'est d'ailleurs ce qu'attendent certains habitants : "Maintenant que Michel Fourniret a avoué il faudrait qu'il dise où est son corps pour que ses parents puissent enfin faire leur deuil", conclut Sylvie. 

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