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Économie – Social

Ouest-France veut diviser par trois le nombre de ses journalistes en Sarthe

jeudi 13 septembre 2018 à 20:46 Par Pierre-Antoine Lefort, France Bleu Maine

La direction du groupe Ouest-France a présenté ce jeudi matin un plan de mutualisation des contenus avec les quotidiens des Journaux de Loire (Le Maine Libre, Le Courrier de l'Ouest et Presse Océan). En Sarthe, de nombreux postes de journalistes vont être supprimés.

La direction de Ouest France prévoit la mutualisation des articles avec le Maine Libre et veut supprimer une vingtaine de postes de journalistes.
La direction de Ouest France prévoit la mutualisation des articles avec le Maine Libre et veut supprimer une vingtaine de postes de journalistes. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

Sarthe, France

Depuis cette annonce, dans les locaux du Mans du plus grand quotidien de France, l'ambiance est morose, confie un salarié. Les journalistes ont été informés ce jeudi matin d'un plan de mutualisation des contenus entre Ouest-France et les titres des Journaux de Loire.  

En Sarthe, une partie des pages locales seront donc alimentées par les journalistes du Maine Libre. Et le groupe a prévu de dégraisser les effectifs de la rédaction : les petites locales de Sablé-sur-Sarthe et de la Flèche seront tout simplement supprimées, d'ici septembre 2019. Seul restera le bureau du Mans, mais là aussi les coupes sont lourdes.  Sur les 27 ETP (équivalents temps plein) aujourd'hui, la direction ne prévoit de conserver que huit postes. Tout comme à Angers, où le Courrier de l'Ouest fournira des articles pour l'édition locale de Ouest-France. 

Les syndicats des deux rédactions opposés à la mutualisation

Dans un communiqué, les syndicats dénoncent une "stratégie incohérente" : "Comment pouvons-nous accepter un tel projet qui méprise le pluralisme de l’information de proximité, la confiance qui nous lie aux lecteurs, l’engagement des équipes toutes ces années, tout en gardant le nom d’Ouest-France ? Le contenu de l’information locale serait acheté au Maine-Libre et publié sous la bannière Ouest-France." Les salariés se sont d'ailleurs mis en grève ce jeudi après-midi. "Nous ne voulons pas être sacrifiés pour un avenir aussi mortifère. Qui condamne la Sarthe et le Maine-et-Loire. Et mutile l’ensemble de l’entreprise Ouest-France et ses valeurs."

Et du côté des représentants du personnel du Maine Libre, ce plan est accueilli avec de vraies craintes. Si les deux titres du même groupe étaient certes en concurrence directe, cela motivait les journalistes estime Bruno Mortier, membre du Syndicat National des Journalistes (SNJ). "L'émulation, à travers la sortie d'informations que le concurrent n'avait pas, cette recherche de la "bonne information", c'était un moteur très important. Et ce moteur là, on le perd." Avec des conséquences pour le lecteur, selon le journaliste : "cela risque d'être un manque de sel et c'est vraiment quelque chose de navrant. A mon avis, cela peut même contribuer à accélérer la chute des ventes."

Pour la direction, un moyen de se relancer sur internet 

La direction du groupe assure vouloir, grâce à ces économies, réagir à l'effritement des ventes et à l'essor du numérique. "Le contexte économique nous contraint à des réductions d'effectifs", estime François Xavier Lefranc rédacteur en chef à Ouest-France. "Les modes de consommation ont changé, avec le développement des grands acteurs du numérique, la chute de la publicité, la baisse de diffusion du papier." Pour le groupe, ce plan doit permettre d'être plus présent sur internet, pour diffuser de l'information locale, nationale et internationale. 

Ces suppressions de postes n’entraîneront pas de licenciement, chaque salarié en CDI se verra proposer une réaffectation dans une autre locale, rapporte la direction, qui annonce que 27 autres rédactions seront renforcées dans l'Ouest mais aussi à Paris. Deux postes seront aussi créés à Bruxelles pour couvrir l'actualité européenne et deux autres consacrés à l'enquête et à l'investigation. Le plan doit s'étendre jusqu'en 2021.