Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Panneau contre les saisonniers à Peyrehorade : le gérant du magasin de bricolage relaxé

lundi 12 février 2018 à 18:14 Par Faustine Mauerhan, France Bleu Gascogne

Le gérant du magasin de bricolage de Peyrehorade qui avait affiché un panneau interdisant l'accès aux saisonniers agricoles ramasseurs de kiwis en 2016 a été relaxé par le tribunal de Dax ce lundi après-midi.

Illustration : Manifestation de saisonniers à Peyrehorade en novembre 2017.
Illustration : Manifestation de saisonniers à Peyrehorade en novembre 2017. © Radio France - Marie Rouarch

Peyrehorade, France

Jugé pour discrimination à l'origine, l'ethnie, la nationalité et refus d'un bien ou d'un service dans un lieu accueillant du public ou pour en interdire l'accès, le gérant d'un magasin de bricolage de Peyrehorade a été relaxé. Le tribunal a estimé qu'il n'y avait pas eu d'interdiction concrète d'accès au magasin. 

"Après de multiples vols en flagrant délit, la direction interdit l'accès aux travailleurs saisonniers agricoles"

Cette pancarte apparaît dans le sas d'entrée du magasin, près des caisses mais visible de l'extérieur, en novembre 2016, après déjà plusieurs années de vols et de dégradations explique l'ancien gérant à la barre du tribunal. "J'en avais ras-le-bol des vols, des insultes. _Ils volaient des câbles électriques, du scotch, du mastic, des bâches pour les tentes et leurs véhicules_. J'ai essayé de porté plainte à la gendarmerie, se souvient le prévenu mais on m'a expliqué que ça coûtait 300€ de faire venir des traducteurs. Et puis un gendarme m'a dit que mon magasin était un lieu privé et que je pouvais en interdire l'accès. C'est de là qu'est venu le mauvais chemin que j'ai pris..."

"C'était pour impressionner"

Mais le gérant se défend d'avoir jamais vraiment empêcher quiconque de rentrer. "C'était pour impressionner, on n'a jamais vraiment voulu interdire l'accès." Et c'est ce que retiendra le tribunal. Une honte pour Clément David, membre d'Halem, l'association d'Habitants de logements éphémères ou mobiles : "_c'est absolument absurde_, je ne comprends pas comment la juge a pu estimer qu'aujourd'hui on peut autoriser les gens à mettre un panneau interdisant l'accès aux Espagnols, aux ceci, aux cela, à partir du moment où, si la personne pousse quand même la porte, on la laisse rentrer."

Clément David : "maintenant on peut mettre des panneaux interdit aux noirs, aux blancs, aux rouges, c'est une catastrophe"

Car ce qui inquiète les associations de défense des saisonniers c'est le message passé par cette décision de justice. "Ça veut dire que maintenant on peut mettre des panneaux interdit aux noirs, aux blancs, aux rouges, c'est une catastrophe, s'énerve Clément David. Nous on était à Peyrehorade pendant la saison, le problème ce n'est pas seulement l'accès au magasin. Il faut savoir que les saisonniers sont sous des tentes en plein hiver,  sans accès à des douches, sans travail, c'est un marché à esclaves. Et parce que deux ou trois ont piqué quelques trucs on va interdire l'accès aux magasins à tous."

Le procès de la réhabilitation pour la défense

Pour son avocat maître Thomas Gachie, en revanche, c'est le signe d'une juste réhabilitation. Ce gérant, un peu maladroit, à bout après des années de vols, n'a jamais voulu discriminer personne : "ce n'était pas le fond de sa pensée, le fond de son action, _c'était l'exaspération comme on est poussé à bout et qu'on ne trouve aucune réponse auprès des autorités_. Il a commis cette maladresse d'afficher ce panneau. Il a voulu dire "arrêtez de me voler" tout simplement. Il a contacter plusieurs fois la gendarmerie, rappelle l'avocat de la défense, mais qui est aussi dépassée par les événements et peut-être n'a pas pris la mesure du problème pour les commerçants locaux et les a laissé dans le désœuvrement avec les moyens qui sont les leur et parfois les moyens ne sont pas les bons mais encore une fois ce n'était pas le délit de discrimination qu'on a voulu lui prêter."

Maître Gachie : "Il a voulu dire "arrêtez de me voler" tout simplement."