Faits divers – Justice

Papy Marcel continue de nier l'évidence

Par Eric Turpin et Monique Derrien, France Bleu Champagne-Ardenne jeudi 27 mars 2014 à 19:00

Marcel Guillot avec ses avocats pendant son procès à Reims
Marcel Guillot avec ses avocats pendant son procès à Reims © Christian Lantenois - MaxPPP

Marcel Guillot, 93 ans, est jugé depuis mercredi à Reims pour avoir tué sauvagement Nicole El Dib, une retraité de 82 ans pour laquelle il avait le béguin. Le détenu le plus âgé de France continue de nier l'évidence.

"Il  y a des choses dont on ne veut pas se souvenir. Ca existe chez toute monde" . L'expert psychiatre commente ainsi le déni de marcel Guillot qui à l'audience, ne veut pas se souvenir qu'il a frappé Nicole El Dib.

Quand il a éré expertisé peu après son incarcération, l'accusé a pourtant reconnu le meurtre. Il voulait "mettre une trempe" à la retraitée de 82 ans, pour se venger.

"Quand elle m'a dit qu'elle ne voulait plus me voir, j'ai pleuré", a raconté Marcel Guillot aux experts à qui il en a davantage dit qu'à ses juges. "Elle m'a téléphoné pour que je vienne. Et moi comme un con, j'y suis allé" .

Marcel guillot a fait office d'homme à tout faire pendant quelques semaines mais il dormait au même étage que la maîtresse des lieux. "Elle me faisait tout faire, même laver son petit linge".

Le doyen des détenus français voulait croire à un amour partagé et c'est Nicole El Dib, selon lui, qui a commis la faute de l’éconduire. La souffrance de la victime sous ses coups passe au second plan, derrière sa frustration.

Papy Marcel a une bonne mémoire

"S'il oublie les détails insoutenables du meurtre, ça n'a rien à voir avec l'âge" , explique l'expert psychiatre. "Sa mémoire est bonne et il est particulièrement bien conservé pour son âge" . Mais Marcel Guillot vient de passer deux ans en prison, et on vieillit beaucoup plus à 93 ans qu'à 40 ans.

Spectacle insolite de ce ce vieillard à qui on permet de s’accouder à la table du président pour que le dialogue soit possible malgré sa surdité. Papy Marcel est cerné par les robes noires de l'avocat général et des avocats qui se précipitent pour ne rien perdre quand il parle. Mais ça ne l'émeut pas.

"Pourquoi êtes vous retourné de nuit chez Nicole El Dib avec un tournevis pour ouvrir les volets ?" . Marcel Guillot répond : "Parce qu'elle ne m'aurait pas laissé entrer" . "Et les gants ?" . Le vieil homme rétorque : "Pour ne pas laisser de traces". 

"Elle m'avait renvoyé après cinq semaines passées ensemble. Je voulais comprendre" , raconte t-il. "Il y avait des marques de coups sur son corps, du sang jusqu'au plafond, dans les escaliers. Elle s'est pris les pieds dans le tapis. Je ne l'ai pas touché" .

"Elle a été massacrée comme un animal"

Marcel Guilllot ne veut pas reconnaître qu'il a frappé Nicole El Dib alors qu'il a avoué. C'est dans sa déposition. "Je l'ai signée car j'en avait marre" , justifie t-il. L'insupportable mauvaise foi n'altère pas la dignité de la famille la victime.

L'émotion monte d'un cran malgré tout quand les petits enfants de Nicole El Dib viennent dire à la barre : "J'ai vu le sang partout dans les escaliers dans la chambre, les escaliers. J'ai compris qu'elle avait été massacrée comme un animal et encore on ne ferait pas ça aux animaux" .

Marcel Guillot, cette fois, a choisi de ne pas entendre et son regard bleu se perd pour mieux oublier. Le verdict est attendu vendredi soir.

Le fils de Marcel Guillot suit ce procés de bout en bout.... trés éprouvé par la douleur de la famille de la victimeJoel Guillot  ऀ"ǦĐ趘বㄲ㤰㤱㘴ZJoël Guillot, le fils de Papy Marcel, suit ce procès de bout en bout, très éprouvé par la douleur de la famille de Nicole El Dib. 

"Je suis touché dans ma chair" - Joël Guyot, bouleversé au procès de son père

Nicole El Dib - Maxppp
Nicole El Dib © Maxppp