Faits divers – Justice

Parce qu'elle vit avec un homme non-musulman, une Rémoise affirme avoir été rouée de coups

Par Renaud Biondi-Maugey, France Bleu Champagne-Ardenne jeudi 20 octobre 2016 à 18:40

Le palais de justice de Reims
Le palais de justice de Reims © Radio France - Eric Turpin

Une Rémoise de 22 ans, de confession musulmane, affirme avoir être rejetée par sa famille et passée à tabac par deux de ses cousines, parce qu'elle est un couple avec un homme non-musulman. L'affaire était jugée ce jeudi à Reims.

Une Rémoise de 22 ans de confession musulmane témoignait contre sa famille ce jeudi au tribunal correctionnel de Reims. Elle affirme avoir été passée à tabac le 25 janvier dernier par deux de ses cousines qui lui reprochaient, selon elle, d'être en couple avec un non-musulman. Les deux jeunes femmes, âgées de 21 et 27 ans, étaient jugées pour violences commises en réunion. Le procureur a requis à leur encontre 3 mois de prison avec sursis et la réalisation d'un stage de citoyenneté. Le jugement a été mis en délibéré au 17 novembre.

Je veux décider de ma vie

"C'est la question de la liberté de vivre comme elle l'entend et d'aimer qui elle veut qui est posée" a affirmé lors de l'audience l'avocat de la victime, maître Simon Miravette. "Je veux décider de ma vie" a ajouté sa cliente, tout en décrivant la scène du 25 janvier 2016. Selon elle, ses deux cousines lui ont d'abord proposé une alternative : obtenir de son compagnon qu'il se convertisse à l'islam ou le quitter. La soirée a alors dégénéré, a-t-elle expliqué : ses deux cousines lui ont tiré les cheveux avant de la gifler, de lui donner des coups de poings, lui laissant plusieurs ecchymoses au visage.

Aucun rapport avec la religion, selon les deux prévenues

Des faits que contestent les deux prévenues. Elles affirment que l'altercation n'a aucun rapport avec la religion, qu'il s'agit d'un simple conflit familial. Si l'une avoue avoir infligé une "gifle" à sa cousine c'était selon elle pour mettre fin à une "crise d'hystérie".

Le père de la victime, accusé par celle-ci de l'avoir menacé de mort mais non-poursuivi pour ces faits, a affirmé à l'issue de l'audience que sa fille était une "manipulatrice". Quant à la victime, pour fuir les pressions de sa famille, elle vit désormais avec son compagnon dans une autre région.

Partager sur :