Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Parcoursup : les lycéens de banlieue sont-ils défavorisés ?

jeudi 31 mai 2018 à 5:07 - Mis à jour le jeudi 31 mai 2018 à 8:40 Par Rémi Brancato et Isabelle Piroux, France Bleu Paris et France Bleu

Selon le ministère de l'Enseignement supérieur, deux tiers des élèves de terminale avaient reçu mardi "au moins une proposition" d'admission sur la plateforme Parcoursup. Mais pour des syndicats d'enseignants, la plateforme serait "discriminatoire" envers les élèves des quartiers populaires.

Devant le lycée Paul Eluard de Saint-Denis
Devant le lycée Paul Eluard de Saint-Denis © Radio France - Rémi Brancato

Île-de-France, France

Les témoignages d'élèves inquiets ou en colère car sans affectation par la nouvelle Plateforme Parcoursup, qui organise l'affectation des futurs bacheliers dans l'enseignement supérieur, se sont multipliés depuis le début des résultats le 22 mai dernier. Mais à en croire deux syndicats d'enseignants et le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel (PS), la situation serait pire encore dans les lycées de banlieue. Selon le SNES-FSU, Parcoursup est "discriminatoire" envers les élèves de l'académie de Créteil. Sud Education dit craindre "que Parcoursup porte particulièrement préjudice aux lycéen-ne-s du 93 et des départements les plus défavorisés". 

Des écarts entre établissements de quartiers populaires et favorisés, selon les syndicats

Après sondage auprès des enseignants, le syndicat Sud évoque ainsi une classe de terminale S de Stains avec 63% d’élèves sans aucune proposition la semaine dernière et jusqu'à 71% de moyenne dans plusieurs classes d'un lycée professionnel de Saint-Denis tandis qu'à Sceaux, une classe de L ne présentait aucun élève sans réponse, où seulement 23% dans une classe littéraire d'Enghien-les-Bains.

"Les bons élèves des classes des quartiers défavorisés n'ont pas de résultat, cela montre bien qu'il y a une discrimination soit par origine de ville, soit par lycée d'origine" estime Julie Le Mazier, membre de Sud Education et professeure dans le Val d'Oise.

ECOUTER - "Une discrimination soit par origine de ville, soit par lycée d'origine" dit Julie Le Mazier, de Sud Education

Rassemblement au lycée Paul Eluard de Saint-Denis ce jeudi matin pour protester contre l'attribution des propositions de Parcoursup

Ce jeudi matin, des élèves du lycée Paul Eluard (Seine-Saint-Denis) qui protestent contre l'attribution des propositions par la plateforme Parcoursup se sont rassemblés devant l'établissement. Ils ont déposé des poubelles, des tables, des barrières devant la grille d'entrée et ont attaché deux banderoles. On peut y lire : "Notre avenir en attente" et " Parcoursup : le rêve se fait attendre".

Au lycée Paul Eluard, 65% des élèves n'avaient pas de proposition en première semaine, selon les enseignants, contre 50% au niveau national, un taux réduit à 56% mardi, quand la moyenne nationale, elle, avait chuté à 33%. Les élèves ont prévu de se rassembler devant l'établissement pour protester ce jeudi matin, à 8 heures.

ECOUTER - Au lycée Paul Eluard de Saint-Denis, les élèves en colère contre Parcoursup

"J'ai demandé des prépas et je n'ai été accepté que dans mon établissement : à Paris je suis en attente" s'agace Yassine, en terminale S, et qui assure avoir 15 de moyenne générale. "Nous les élèves de banlieue on n'est pas pris sur Paris parce qu'ils préfèrent choisir des élèves privilégiés" ajoute-t-il. "Ils préfèrent un 10 de Neuilly qu'un 15 de Saint-Denis !" abonde son camarade Chems, en terminale ES et sur liste d'attente pour tous ses vœux, essentiellement dans des universités parisiennes.

"Les propositions des élèves sont largement des propositions sur les universités du territoire, à savoir Paris 8 et Paris 13 alors qu'ils souhaitent étudier ailleurs" regrette Servane Marzin, professeure d'histoire-géorgraphie. "Beaucoup plus d'élèves qu'avant sont concernés par ces difficultés" ajoute celle qui enseigne dans l'établissement depuis une vingtaine d'années. 

ECOUTER - Servane Marzin, professeure au lycée Paul Eluard

Le président du département de Seine-Saint-Denis écrit à la ministre de l'Enseignement supérieur

"Les réponses négatives ou les réponses d'attentes me paraissent très nombreuses pour les élèves de Seine-Saint-Denis" s'inquiète aussi Stéphane Troussel, qui a écrit lundi à la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, pour demander la "transparence". Il demande que soit rendus publics les "algorithmes locaux" de la plateforme : "j'aimerais savoir si le lycée d'origine a pu être un des critères déterminant pour les réponses".

ECOUTER - Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis, demande la "transparence" sur Parcoursup

Dans une lettre publiée en réponse, la ministre rappelle que l'algorithme de Parcoursup a été rendu public. Elle ajoute que chaque formation doit désormais fixer un taux d'élèves "hors académie" à accueillir et un taux d'élèves boursiers : "une politique volontariste au service de la mixité sociale", selon elle. Dans son courrier, Stéphane Troussel demandait aussi à ce que soient rendus publics les résultats de Parcoursup par académie et par département, sans avoir obtenu de réponse. Sollicitées, les académies de Créteil et de Paris n'ont pas fourni de statistiques locales.