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JO Paris 2024 : trois salariés de la Solideo suspendus après des accusations de propos racistes et sexistes

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris, France Bleu

La Solideo, la société de construction et de livraison des ouvrages olympiques de Paris 2024 est en pleine polémique. Plusieurs de ses salariés sont accusés d'avoir tenu des propos racistes et sexistes, notamment envers la population de la Seine-Saint-Denis, d'après les révélations de Mediapart.

Vue du chantier du futur village olympique de Paris 2024 en Seine-Saint-Denis
Vue du chantier du futur village olympique de Paris 2024 en Seine-Saint-Denis © Maxppp - Maxppp

C'est une polémique dont les organisateurs des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 se seraient bien passés. Plusieurs salariés de la Solideo, l'établissement public chargée de la construction des ouvrages olympiques, sont visées par des accusations de racisme et de sexisme, dans une enquête publiée le dimanche 18 avril 2021 par Mediapart. La Solideo annonce avoir suspendu trois employés. Elle a également diligenté une enquête interne et un audit. 

"Qu'est-ce qu'on va aller aider les Noirs en Seine-Saint-Denis ?"

D'après Mediapart, les problèmes internes sont principalement localisés à la Drics, la direction des relations institutionnelles, de la communication et de la sécurité de la Solideo. "C'étaient des blagues sur les homos, sur les Noirs, sur les Arabes et sur les femmes à longueur de journée", explique un salarié. 

La population de la Seine-Saint-Denis, département où près de 80% des équipements pérennes des JO seront construits (village des médias, centre aquatique, village olympique) est notamment visée. Parmi les remarques citées : "Qu'est-ce qu'on va aller aider les Noirs en Seine-Saint-Denis ?". Ou encore, lorsque l'hypothèse d'un déménagement de la Solideo dans le 93 est évoquée à un moment : "On ne va pas aller en Seine-Saint-Denis. Les femmes ne pourront pas rentrer le soir sans prendre le risque de se faire violer".

Enquête interne et suspension de salariés 

Contactée par France Bleu Paris, la Solideo affirme que certains de ces propos avaient déjà été portés dans le passé à la connaissance de sa direction et que des sanctions disciplinaires ont été prises (non-titularisation, rappels à l'ordre par exemple). Mais elle avoue avoir découvert de nouvelles allégations à travers les questions posées par Mediapart. D'où l'ouverture d'une enquête interne confiée au déontologue de la Solideo. Un audit a également été commandé pour vérifier si les propos relayés _"contraires aux valeurs de la Solideo" s_ont établis et le cas échéant prendre des sanctions contre les responsables. Trois salariés ont déjà été suspendus. 

"Stupéfaction" et "colère" du comité de Vigilance JO 2024

Du côté du comité de Vigilance JO 2024, Cécile Gintrac, l'une des ses membres à Saint-Denis, fait part de sa "stupéfaction" et de sa _"colère"_. "On est un peu dans le cliché des JO qui méprisent la population. Là, il faut une réaction d'urgence de madame Hidalgo, de Tony Estanguet du Cojo et de Nicolas Ferrand de la Solideo, c'est une réaction très forte qu'il faut", explique-t-elle à France Bleu Paris. Elle souhaite aussi une réaction forte des élus locaux, à commencer par le maire de Saint-Denis et le président du département.

Pour le moment, aucune réaction officielle du comité d'organisation de Paris 2024. L'équipe du cabinet d'Anne Hidalgo, présidente de la Solideo, affirme à Mediapart que celle-ci n'était pas personnellement au courant des accusations de racisme et de sexisme au sein de la société. 

Des propos condamnés par les élus du 93

Dans une déclaration commune transmise à France Bleu Paris en fin d'après-midi, Stéphane Troussel, le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis et Mathieu Hanotin, le maire de Saint-Denis, condamnent "avec la plus grande fermeté" des "propos inadmissibles et contraires à toutes les valeurs que nous portons". Les deux élus se réjouissent de l'ouverture d'une enquête interne et disent faire confiance à Nicolas Ferrand, le directeur général de la société "pour sanctionner ces comportements avec la plus grande sévérité".

"Ne laissons pas ternir le projet olympique par des dérives individuelles qui n'y ont pas leur place et qui ne manqueront pas d’être utilisées par celles et ceux qui s’y opposent depuis toujours", ajoutent-ils. "Accueillir tous les pays dans notre département-monde pour les JOP 2024, c’est précisément une occasion inégalée de donner à toutes et tous une vision de la Seine-Saint-Denis telle quelle est : courageuse face aux difficultés, forte de ses talents et de sa diversité, porteuse d’espoirs et d’avenir", concluent le président du département et le maire de Saint-Denis.

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