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Faits divers – Justice

Paris : 37 ans après l'attentat de la rue des Rosiers, les familles des victimes attendent des réponses

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Un hommage était rendu ce vendredi aux victimes de l'attentat de la rue des Rosiers à Paris en 1982. Des fleurs ont été déposées devant le restaurant de Jo Goldenberg. 37 ans après, les victimes et leurs proches attendent toujours des réponses alors que de nouvelles révélations sortent de l'ombre.

37 ans après l'attentat qui a fait six morts rue des Rosiers à Paris, les victimes et familles des victimes attendent des réponses. C'est le cas de Jacqueline Niego-Thomas qui a perdu son frère.
37 ans après l'attentat qui a fait six morts rue des Rosiers à Paris, les victimes et familles des victimes attendent des réponses. C'est le cas de Jacqueline Niego-Thomas qui a perdu son frère. © Radio France - Kathleen Comte

Paris, France

37 ans jour pour jour après l'attentat de la rue des Rosiers dans le 4e arrondissement de Paris qui a fait six morts, une cinquantaine de personnes - victimes et proches des victimes - se sont réunis ce vendredi devant le restaurant de Jo Goldenberg. C'est là, dans le quartier juif du marais, qu'a eu lieu le drame le 9 août 1982. 

Car les familles n'ont toujours pas fait leur deuil. Impossible pour elles tant que les auteurs présumés de l'attentat - un groupe palestinien de l'OLP, le Fatah-Conseil Révolutionnaire, à qui l'attentat a été attribué - sont toujours dans la nature. Quatre suspects ont été identifiés et font l'objet d'un mandat d’arrêt international. Aujourd'hui ces derniers vivent soit en Jordanie soit en Norvège.

Les victimes et familles des victimes veulent des réponses

Jacqueline Niego-Thomas a 80 ans. Elle a perdu son frère - André - dans l'attentat. Ce dernier était présent dans le restaurant de Jo Goldenberg, il téléphonait au moment où il s'est fait tirer dessus : "_Mon frère me manque toujours_. Nous étions très complices et je l'adorais. Pendant la Seconde guerre mondiale, nous étions en Normandie dans un pensionnat d'enfants cachés. Il a survécu à cette guerre pour venir se faire tuer 'connement' ici." Jacqueline Niego-Thomas estime que le gouvernement n'en a pas assez fait et attend toujours des réponses : "Par moment je doute, par moments on me fait espérer mais j'ai 80 ans et j'ai peur... J'aimerais avoir ma vengeance."

Pour Guy Bénarousse c'est toujours une épreuve de venir ici. Il avait 16 ans quand il s'est fait tirer dessus. Ce qu'il veut aujourd'hui c'est un procès : "Il faut prendre les gens présents dans ce dossier. Ils faut qu'ils soient amenés en France pour que le juge décide s'ils sont coupables ou pas, ce n'est pas à moi de le dire et que justice soit faite." 

Deux gerbes de fleurs ont été déposées

Deux gerbes de fleurs ont été déposées devant le restaurant de Jo Goldenberg avant de respecter une minute de silence en hommage aux victimes. - Radio France
Deux gerbes de fleurs ont été déposées devant le restaurant de Jo Goldenberg avant de respecter une minute de silence en hommage aux victimes. © Radio France - Kathleen Comte

En hommage à tous ceux qui ont perdu la vie, deux gerbes ont été déposées devant ce qui était auparavant le restaurant de Jo Goldenberg (transformé depuis en atelier Leroy Merlin). Les fleurs ont été déposées juste en-dessous de la plaque commémorative aux victimes. Des discours ont ensuite été faits et une minute de silence a été respectée. 

A côté du restaurant, juste en-dessous du nom de la rue des Rosiers, les passants peuvent regarder la plaque commémorative aux victimes. - Radio France
A côté du restaurant, juste en-dessous du nom de la rue des Rosiers, les passants peuvent regarder la plaque commémorative aux victimes. © Radio France - Kathleen Comte

Un pacte secret avec le groupe terroriste ? 

Concernant les déclarations de l'ancien patron du renseignement français, Yves Bonnet, qui a reconnu en janvier 2019 devant un juge avoir passé un accord avec le groupe terroriste responsable de l'attentat (ces derniers auraient eu le droit de venir en France sans être inquiétés s'ils ne commettaient aucune action violente), les familles sont surprises. Jacqueline Niego-Thomas trouve ça "dégoûtant et injuste. On ne passe pas des pactes avec des assassins", selon elle. Guy Bénarousse - lui - est plus mesuré et attend d'abord de savoir si ces déclarations sont vraies. L'avocat de plusieurs familles de victimes, maître Avi Bitton, a demandé ce vendredi - en réponse à ces révélations - la levée du secret défense pour avoir accès au dossier.

Quant à Guillaume Denoix de Saint Marc, fondateur de l'association française des victimes du terrorisme, il n'est pas surpris : "Je suis tout à fait conscient des différentes politiques qui ont pu être menées. Les Etats pensaient - naïvement - protéger la population mais d'une façon très égoïste : en laissant les terroristes frapper ailleurs. Ce que dit monsieur Bonnet, on le savait pour d'autres dossiers. Cette politique a mené au pire et l'ensemble des Etats a compris que ce n'était pas la façon de faire et qu'une collaboration internationale était indispensable pour lutter contre toutes les formes de terrorisme. C'est pour ça que nous espérons que les Etats norvégien et jordanien collaborent et nous aident pour que les prévenus puissent être jugés en France."