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A Paris, "tolérance zéro" face aux infractions au couvre-feu, même pour faire les courses

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Par , France Bleu Paris

Les contrôles se multiplient pour s'assurer du respect du couvre-feu en Ile-de-France. Une "tolérance zéro" que critiquent des Parisiens, verbalisés pour avoir faire leurs courses quelques minutes seulement après 18 heures.

Ce Carrefour city a fermé pour deux semaines le vendred 5 février, après le passage de policiers.
Ce Carrefour city a fermé pour deux semaines le vendred 5 février, après le passage de policiers. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

18 heures, ce n'est pas 18h06, et une dizaine de clients du Franprix, boulevard de Belleville, en ont fait les frais, le 27 janvier dernier. Alors que les contrôles se multiplient, et avec eux les fermetures administratives, plus de 250 depuis le début de l'année à Paris, ils ont été contrôlés, peu après l'heure limite, dans le supermarché de quartier. Le magasin s'est vu notifier une fermeture administrative de 15 jours. Les clients, eux, ont été verbalisés, confirme la police. 

"Il était à peu près 17h45", quand Aurélie entre dans la superette. Elle sort alors du travail. "J'ai couru, j'ai fait mes courses très rapidement, un peu comme dans Fort Boyard, j'ai rempli mon caddie, je suis arrivée à la caisse. Les caissiers ont dit qu'ils allaient fermer boutique, et à ce moment là, la police est arrivée", raconte-t-elle. Quelques minutes auparavant, depuis l'extérieur, selon plusieurs témoins, les policiers avaient déjà passé des annonces au mégaphone. Aurélie raconte une intervention "en mode commando". Un agent prend la parole. "Personne ne sort d'ici, vous serez tous verbalisés, montrez-nous vos pièces d'identité. On croyait que c'était une blague. Ce n'était pas du tout un gag." Les amendes de 135 euros ont été déposées il y a quelques jours dans les boites aux lettres. "Quand ils sont arrivés, il était 18h03, 18h04", poursuit Aurélie. 

Excès de zèle VS tolérance zéro

La cliente ne digère pas cette verbalisation. "Je pense que c'est un excès de zèle, ils veulent faire un exemple". Si Aurélie comprend le besoin de "limites", "il y a aussi une forme d'humanité à avoir. Il y a toujours une petite tolérance, une petite exception, c'est la preuve d'une humanité." L'humoriste Arnaud Cosson a lui aussi été verbalisé ce soir là dans le Franprix. "Si on s'était fait verbalisés dans les rues, sans justificatif ou attestation, à la limite je dirai "on a joué, on a perdu bien fait pour notre gueule"", reconnait-il. "18h06, j'estime qu'on n'est pas à cinq minutes près, on peut encore vivre un petit peu. Ce genre de répression, c'est extrêmement sévère", poursuit l'humoriste, qui s'est d'ailleurs fendu d'un message enflammé sur Facebook, peu après. 

Les amendes de 135 euros sont arrivées dans les boites aux lettres il y a quelques jours.
Les amendes de 135 euros sont arrivées dans les boites aux lettres il y a quelques jours. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

"Dans mon quartier, je vois beaucoup de magasins qui ne peuvent pas être fermés à 18 heures, ce n'est pas possible quand on voit le nombre de gens qui y vont au dernier moment parce qu'ils n'ont pas le choix. Je trouve que c'était extrêmement dur." Une troisième cliente, Nathalie, elle aussi verbalisée, est sur la même ligne. "J'ai trouvé que c'était injuste", témoigne-t-elle auprès de France Bleu Paris. Cette artiste s'apprêtait à payer "10 clémentines", quand la police a fait irruption dans le magasin. Tous trois devraient d'ailleurs contester leur amende. Depuis cette affaire, le magasin a pu rouvrir. Lors du passage de la rédaction, le Franprix avait d'ailleurs baissé le rideau quelques minutes avant 18 heures. 

Contactée par France Bleu Paris, la police reconnait l'intervention et assume : "Comme chaque soir, les policiers étaient mobilisés pour faire respecter le couvre-feu. Le 27 janvier, vers 18h10, les policiers remarquaient qu'un client sortait d'un magasin de commerce alimentaire situé dans le quartier de Belleville. Le gérant de ce commerce avait déjà été mis en garde sur la nécessité de respecter plus strictement l'horaire de fermeture de 18h00. Les policiers ont donc procédé au contrôle du magasin et ont découvert la présence de clients à l'intérieur après le début du couvre-feu. Le gérant et les clients étaient contrôlés et verbalisés en application stricte des règles du respect des mesures du couvre-feu." Elle souligne également que les courses alimentaires, dans des magasins supposés être fermés, ne font pas partie des motifs de sortie autorisés.

"Une épée qui tombe sur la tête", pour le gérant d'une superette fermée

Ce magasin n'est pas le seul à avoir été contraint de fermer administrativement. Rue Balard, dans le 15ème arrondissement de Paris, c'est le cas d'un Carrefour City. Il a fermé vendredi 5 février, car un client se trouvait à l'intérieur du magasin durant le couvre-feu. "Entre 18h et 20h nous faisons habituellement des livraisons Uber eats, et nous faisons également la remise en rayon, car il y a énormément de monde à l'heure du couvre-feu", explique le gérant Raphaël Israël, qui plaide le manque d'attention. "Il y a eu des policiers qui sont venus dans le magasin après l'heure du couvre-feu, il y avait un client dans le magasin, et on a eu une sanction immédiate, qui nous a été notifiée dès le lendemain. C'est complètement sec, pas de mise en demeure, pas d'avertissement, fermeture directement." 

Le gérant reconnait avoir été en tort. "Que, après 18h, on ait été sanctionné parce qu'il y avait un client, je l'accepte. Mais la sanction je la trouve complètement disproportionnée. Tout cela nous tombe comme une épée sur la tête". Selon le gérant, la fermeture de 15 jours représente 15 000 euros de pertes. Les denrées périssables ont été données à des associations. Interrogée à ce sujet, la police ne communique "pas de données nominatives".

Le Franprix, boulevard de Belleville, a pu rouvrir après sa fermeture administrative.
Le Franprix, boulevard de Belleville, a pu rouvrir après sa fermeture administrative. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort
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