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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Paris : un "gilet jaune" estime avoir été empêché de manifester et porte plainte

samedi 2 mars 2019 à 12:45 Par France Bleu Paris, France Bleu Paris et France Bleu

Un "gilet jaune" a porté plainte ce vendredi à Paris pour "entrave à la liberté de manifester" et "privation de liberté illégale". Il avait été placé en garde à vue avant la manifestation du 26 janvier, qui n'a débouché sur aucune poursuite. Il dénonce une note du procureur de Paris.

Des policiers empêchent un "gilet jaune" de passer, lors de l'acte 11 du mouvement des gilets jaunes à Paris, le 26 janvier dernier.
Des policiers empêchent un "gilet jaune" de passer, lors de l'acte 11 du mouvement des gilets jaunes à Paris, le 26 janvier dernier. © Maxppp - Philippe de Poulpiquet

Paris, France

Il assure être un "gilet jaune" inoffensif, pas du tout un fauteur de trouble et ne comprend pas son placement en garde à vue. Cet informaticien de 20 ans, originaire de la Drôme, était venu manifester à Paris le 26 janvier avec des amis et affirme avoir été contrôlé à la mi-journée. Trouvé en possession d'un masque et de lunettes de skis, il était alors interpellé et placé en garde à vue pour "participation à un groupement formé en vue de violences ou de dégradations", selon le récit de ses avocats Raphaël Kempf, Alice Becker et Arié Alimi. Après 24 heures de garde à vue, il avait été déféré devant un délégué du procureur de la République pour se voir notifier un rappel à la loi, ce qui constitue une forme de classement sans suite de la procédure, avant d'être remis en liberté seulement le dimanche vers 17H00.

Pour lui, cela constitue une "entrave à la liberté de manifester". Le jeune homme a  a porté plainte ce vendredi 2 mars à Paris pour ce motif, mais également pour "privation de liberté illégale", "atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l'autorité publique", "abstention volontaire de mettre fin à une privation de liberté illégale", et "collecte illicite de données personnelles", selon la plainte consultée par l'AFP.

Cette plainte s'inscrit dans la lignée des protestations du Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche) contre une note du procureur de Paris qu'il juge abusive.  Le procureur a en effet recommandé à ses magistrats de permanence, dans une note interne du 12 janvier, de ne lever les gardes à vue de "gilets jaunes" qu'à l'issue des manifestations. Ceci afin d'"éviter que les intéressés grossissent à nouveau les rangs des fauteurs de troubles", selon la note consultée par l'AFP.

Début janvier, des proches d'Eric Drouet, figure du mouvement, ont de leur côté saisi le Défenseur des droits pour des "atteintes à la liberté" constituées par leur interpellation le 2 janvier près de la Concorde à Paris.  Ces quelque 500 plaintes contre le ministre ont été classées sans suite par le ministère public auprès de la Cour de justice de la République.