Faits divers – Justice

Affaire Denis Baupin : "Je ne regrette pas d'avoir parlé", confie Sandrine Rousseau

Par Cécile Bidault, France Bleu Nord et France Bleu jeudi 28 septembre 2017 à 8:59

Sandrine Rousseau, ancienne vice-présidente EELV du conseil régional
Sandrine Rousseau, ancienne vice-présidente EELV du conseil régional © Maxppp - Thomas Padilla

Ancienne vice-présidente EELV du conseil régional Nord-Pas-de-Calais, Sandrine Rousseau est l'une des femmes politiques qui ont accusé l'ancien député Denis Baupin d'agression sexuelle. Aujourd'hui, elle publie le livre "Parler". Elle était l'invitée de France Bleu Nord ce jeudi matin.

Il y a un peu moins d'un an et demi, en mai 2016, éclatait "l'affaire Baupin" : plusieurs femmes politiques portaient plainte, et accusaient publiquement celui qui était alors vice-président de l'Assemblée nationale, d'agressions sexuelles. Sandrine Rousseau, ex vice-présidente EELV du conseil régional, était de celles-là. Aujourd'hui elle publie un livre, "Parler". Elle était en direct ce jeudi matin à 7h50 sur France Bleu Nord.

La plainte déposée par Sandrine Rousseau a été classée sans suite, car les faits sont prescrits. Elle est mise en examen pour diffamation. Mais aujourd'hui elle contre-attaque, en déposant une nouvelle plainte contre Denis Baupin, pour "dénonciation calomnieuse". Car elle ne supporte pas, dit-elle, 'd'être traitée de menteuse".

Un livre pour tendre la main aux femmes

Alors pourquoi ce livre aujourd'hui, malgré les risques d'ennuis judiciaires ? "Pour tendre la main aux femmes", répond Sandrine Rousseau. "Ce qui a été un grand choc pour moi, c'est le nombre de femmes qui ont pris contact avec nous, pour nous dire qu'elles avaient vécu la même chose, mais qu'elles n'avaient pas la possibilité de parler". Alors Sandrine Rousseau a créé une association, baptisée également "Parler", qui a pour vocation "de donner de la force aux femmes, pour qu'elles supportent dignement le parcours judiciaire".

90% des plaintes classées sans suite

Car aujourd'hui, affirme Sandrine Rousseau, "90% des plaintes de ces femmes victimes de violences sont classées sans suite. Seuls 1% des agresseurs sont condamnés. Les autres vivent leur vie tranquillement. Les femmes, elles, doivent souvent quitter leur emploi, se séparent de leur conjoint... Le prix à payer est aujourd'hui beaucoup trop lourd".

Des regrets ?

Dans son livre, Sandrine Rousseau raconte, assez ouvertement, ce qu'elle a traversé après "l'affaire" : les idées noires, le divorce... A-t-elle un jour regretté d'avoir parlé ? "A certains moments, je me suis demandé si c'était raisonnable d'avoir pris cette décision", reconnaît-elle. "Mais pour tout ce que j'ai entendu après, de la part de femmes que je ne connaissais pas, qui m'écrivaient pour me dire à quel point elles souffraient, seules, pour nous remercier", ajoute-t-elle, submergée par l'émotion, "pour tout ça, je ne regrette pas."

"Parler", de Sandrine Rousseau, publié chez Flammarion.

Sandrine Rousseau, invitée de France Bleu Nord. Interview à écouter et podcaster ici.