Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Paroles de gitan, au pied des immeubles de la cité Gely de Montpellier, 24 heures après la fusillade

mercredi 18 juillet 2018 à 17:36 Par Guillaume Roulland, France Bleu Hérault

L'homme qui a tiré sur la police mardi soir dans le quartier de la cité Gély à Montpellier est toujours activement recherché. Un quartier souvent décrié pour ses trafics de drogue. À juste titre ? Rencontre avec un des patriarches de la communauté gitane, qui a y toujours vécu.

Le Gitan, et sa guitare, au pied des immeubles de la cité Gély de Montpellier
Le Gitan, et sa guitare, au pied des immeubles de la cité Gély de Montpellier © Radio France - Guillaume Roulland

Montpellier, France

Au pied des immeubles de la cité Gély, avant de commencer à discuter avec les anciens, il faut d'abord laisser parler les guitares. Celui qui la tient vit ici depuis toujours. Il est assis sur une chaise de jardin, à l'ombre de grands arbres, face à l'un des immeubles. Il préfère rester anonyme. À sa demande, on l'appellera donc simplement "le Gitan".

L'homme est manifestement respecté dans le quartier. Des voitures, conduites par de jeunes gens, ralentissent en arrivant à sa hauteur. Les vitres se baissent pour le saluer, malgré la chaleur qui avoisine les 40 degrés. Au lendemain des évènements de mardi soir, notre homme essaie de comprendre. Comprendre pourquoi 17 coups de feu ont été tirés en direction de la police.

Et la réponse fuse, comme un accord de guitare : "Il y a deux ou trois jeunes qui ont 14 ou 15 ans. Ce sont des drogués et ils mettent la zizanie dans le quartier. Mais on ne tolère pas çà !"

Le Gitan n'a donc rien contre l'intervention de la police, mais quand elle est justifiée, précise t'il. Car il a quand même l'impression que parfois, elle s'acharne un peu. "Quand la police vient, elle casse toutes les caves. Ou ils nous retirent trois points sur le permis de conduire parce que l'on roule sans ceinture dans notre cité, au pas..."

Mais ce qui inquiète le plus le Gitan, c'est un constat amer: le quartier est à l'abandon, oublié de tous et de la ville de Montpellier en particulier. 

"Il n'y a rien ici. Les jeunes veulent un travail, il n'y en a pas. Ils n'ont même pas un petit terrain de foot pour s'occuper. Alors ils font quoi ? Ils se laissent mourir de faim ?"

Le Gitan ne mâche pas ses mots. Il est connu pour ça. Il explique qu'après les coups de feu de mardi soir, ce sera réglé en famille, surtout si le tireur n'est pas gitan. Puis il reprend sa guitare. Histoire peut-être d'essayer d'apaiser les tensions.

Reportage - Guillaume Roulland