Faits divers – Justice

Pas-de-Calais : le chauffeur d'une camionnette décède en marge d'un barrage de migrants

Par Xavier Demagny, France Bleu Nord et France Bleu mardi 20 juin 2017 à 6:44 Mis à jour le mardi 20 juin 2017 à 9:00

Un accident fait un mort sur l'A16 à la suite d'un barrage de migrants
Un accident fait un mort sur l'A16 à la suite d'un barrage de migrants © Maxppp - Guy Drollet

Très tôt, mardi matin, un homme est décédé dans l'incendie de sa camionnette, bloqué par un barrage de migrants sur l'autoroute A16. L'autoroute est coupée entre les échangeurs 49 et 50.

Un homme est mort, très tôt ce mardi matin, dans l'incendie de sa camionnette, après un accident sur l'autoroute A16 provoqué par un barrage de migrants, selon les informations transmises par la préfecture du Nord. L'accident s'est produit vers 3h45.

C'est la première fois qu'un homme décède à cause d'un barrage filtrant installé sur l'A16 des migrants qui tenter d'arrêter les camions pour monter à bord et rejoindre l'Angleterre.

Dans la nuit de lundi à mardi, des migrants ont disposé des troncs d'arbre au milieu de la route, ce qui a obligé deux poids lourds à s'arrêter. Une camionnette qui arrivait derrière n'a pas pu s'arrêter à temps. Elle a percuté les deux camions. Le véhicule immatriculé en Pologne s'est embrasé. Le conducteur est décédé.

L'autoroute a été coupée dans le sens Dunkerque-Boulogne entre les échangeurs 49 et 50, au niveau de Offekerque. Une déviation a été mise en place entre la RD 219 puis RD 940 pour relier les deux échangeurs. La circulation a été rétablie totalement dans la matinée.

Neuf migrants d'origine érythréenne ont été interpellés à l'intérieur de l'un des deux poids-lourds stoppés. Ils sont soupçonnés de faire partie du groupe qui a installé ce barrage de fortune. Ils ont été placés en garde à vue. Ils sont poursuivis pour "homicide involontaire, entrave à la circulation et mise en danger de la vie d'autrui". Une enquête est ouverte.

Les migrants de retour

L'installation de barrages de fortune sur l'autoroute A16 ou la rocade portuaire, essentiellement la nuit, était quasi quotidienne quand la Jungle de Calais existait encore. C'était la seule façon pour les migrants de ralentir les camions en partance pour l'Angleterre et de tenter de se cacher à l'intérieur.

Cette pratique avait cessé depuis le démantèlement du camp en octobre 2016 mais elle a repris progressivement depuis fin mai et le retour marqué des migrants dans la région de Calais.

Entre 400 migrants selon la préfecture et 600 selon les associations vivent aujourd'hui à Calais et dans ses environs dans ses conditions très précaires. Pour faire face à cette situation, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avait annoncé début juin l'envoi à Calais de trois unités supplémentaires de forces mobiles, soit plus de 150 policiers et gendarmes.

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