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Faits divers – Justice

Pas de crèche neuve à Échirolles, des voyous menacent les ouvriers

jeudi 20 juillet 2017 à 15:17 Par Virginie Salanson et Véronique Pueyo, France Bleu Isère et France Bleu

À Échirolles, en Isère, le chantier d'une crèche et d'une halte-garderie est arrêté depuis la mi-mai. Des jeunes du quartier "Le village 2" empêchent les ouvriers de travailler et les menacent.

Les jeunes du quartier empêchent les ouvriers de travailler en les menaçant, ils réclament de se faire embaucher.
Les jeunes du quartier empêchent les ouvriers de travailler en les menaçant, ils réclament de se faire embaucher. © Radio France - Véronique Pueyo

Échirolles, France

Quarante enfants devaient être accueillis à la rentrée de septembre dans une crèche toute neuve, à Échirolles, près de Grenoble, en Isère. C'est raté à cause d'une poignée de jeunes du quartier "Le village 2" qui en ont décidé autrement. Ils ont harcelé les ouvriers de deux entreprises de BTP qui travaillaient sur le chantier, en les menaçant s'ils n’étaient pas embauchés eux aussi. Les entreprises ont décidé de jeter l’éponge provisoirement, tant que la sécurité ne serait pas rétablie, ce que comprend le premier adjoint d’Échirolles, Thierry Monel. "Faut se mettre à la place des ouvriers, c'est pas quelque chose de facile à vivre, certains ont été traumatisés [...] ont eu peur. C'est infernal de ne pas pouvoir travailler".

C'est infernal de ne pas pouvoir travailler sereinement" - l'adjoint au maire

La mairie a rencontré à plusieurs reprises les fauteurs de trouble pour accompagner ces jeunes vers une formation ou un emploi. Mais ils ne sont pas dupes, la municipalité sait bien, aussi, que certains, en faisant arrêter le chantier, veulent montrer leur force pour contrôler le quartier. "Y a une volonté de s'approprier le territoire pour dire "c'est nous qui tenons le quartier', le blocage de chantier est aussi le prétexte pour certains de montrer leur force ou d'être les interlocuteurs par qui tout passe sur ce territoire" décrit Thierry Monel.

Intimidations et menaces pour garder le contrôle du quartier

"Ce n'est pas normal qu'une poignée décide et bloque la vie de tout un quartier dit Thierry Monel, adjoint au maire. - Radio France
"Ce n'est pas normal qu'une poignée décide et bloque la vie de tout un quartier dit Thierry Monel, adjoint au maire. © Radio France - Véronique Pueyo

Un trafic de drogue y a été récemment démantelé par la police et, curieusement, deux des cinq jeunes reçus par la mairie, ont été interpellés à ce moment là. Pris en otage, les habitants en ont ras-le-bol comprend bien Thierry Monel. "Certaines familles font passer le message que ce n'est pas normal qu'une poignée vienne perturber le bon fonctionnement d'un quartier et d'un territoire".

Ça va encore plus stigmatiser des quartiers qui n'en ont pas besoin" - Le patron du BTP en Isère

Ce type d'intimidation se multiplie sur les chantiers dans les quartiers sensibles de l'agglomération grenobloise mais aussi dans d'autres villes, comme Marseille. À force, les entreprises finir par refuser de venir travailler dans ces quartiers, craint Thibaud Richard, le patron de la fédération du BTP en Isère : "c'est plus qu'un risque, à mon avis c'est déjà en train de se faire surtout qu'on est dans un contexte où il y a du travail. Quand il n'y a pas de boulot, bon ben on y va [dans ces quartiers NDLR]. Mais quand ça va, vous n'allez pas dans ces quartiers là. Le problème c'est que ça va encore plus stigmatiser des quartiers qui n'en ont pas besoin".

La mairie espère que le chantier pourra redémarrer en septembre. En attendant, la ville a écrit au procureur de la République et interpellé la préfecture. Une réunion est prévue en préfecture mardi prochain, le 25 juillet, pour trouver des solutions.